Les robots humanoïdes, un rêve de science-fiction devenu réalité

Credit : Agility Robotics

Les humanoïdes, longtemps confinés à la science-fiction, s’installent désormais dans le réel. Comme le rapporte le Washington Post, une nouvelle génération de robots aux formes humaines, dopée par l’IA et des milliards de dollars d’investissements, commence à trouver sa place dans les usines et entrepôts. À Salem, en Oregon, la société Agility Robotics a ouvert une usine capable de produire jusqu’à 10 000 unités par an de son robot Digit, déjà testé dans des entrepôts de commerce en ligne et des usines de pièces automobiles.

La promesse de ces robots tient dans leur ressemblance fonctionnelle avec l’humain. Bras, jambes, doigts : leur morphologie leur permet d’évoluer dans des environnements conçus pour nous, et donc de remplacer plus facilement des travailleurs sur des tâches répétitives. Jensen Huang, patron de Nvidia, compare leur potentiel à celui de ChatGPT pour l’IA, annonçant que « le moment ChatGPT pour la robotique générale est proche ».

Les géants de la tech multiplient les paris. Amazon a investi massivement dans Agility, Google collabore avec la start-up texane Apptronik, et Meta travaille sur l’intégration de ses technologies d’IA dans des humanoïdes. Elon Musk, de son côté, promet que son robot Optimus sera « le plus grand produit de l’histoire », avec des millions d’unités en circulation d’ici 2050.

La Chine s’impose aussi comme un acteur clé, soutenue par l’État, avec des modèles vendus dès 16 000 dollars. Sur scène, lors de la présentation de Nvidia au CES, près de la moitié des robots étaient chinois. L’industrie automobile, notamment en Allemagne et aux États-Unis, est déjà un terrain d’expérimentation privilégié.

Mais la technologie reste loin d’être mature. Les robots manquent encore de dextérité, peinent à assurer leur stabilité et posent des problèmes de sécurité. Certains experts rappellent que des solutions plus simples, comme les robots à roues, demeurent souvent plus efficaces. D’autres mettent en garde contre le risque de surestimer leurs capacités à cause de leur apparence humaine.

Credit : 1x

Au-delà des entrepôts, des entreprises comme la start-up 1X en Californie testent déjà des humanoïdes dans des foyers, pour l’aide domestique ou la compagnie. Leurs robots, encore partiellement pilotés à distance, suscitent curiosité et malaise chez les visiteurs avant de rapidement se fondre dans le décor.

Les observateurs soulignent également l’impact social d’une telle évolution. Si les humanoïdes s’imposent dans les usines et entrepôts, ils risquent de bouleverser des millions d’emplois peu qualifiés. Certains y voient une chance de revaloriser le travail humain vers des tâches moins répétitives, d’autres redoutent une nouvelle vague d’automatisation qui pourrait accentuer les inégalités.

Par ailleurs, les débats éthiques se multiplient. Faut-il donner aux humanoïdes une apparence proche de la nôtre, au risque de brouiller les frontières entre humains et machines ? Les régulateurs, encore en retard, devront répondre à ces questions alors que les premiers déploiements se généralisent. Comme le résume le Washington Post, ces robots cristallisent à la fois les promesses industrielles, les enjeux économiques et les dilemmes sociétaux d’une technologie en plein essor.

Source : Washington Post

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