
Le plus récent rapport NETendances de l’Université Laval confirme une tendance lourde : les aînés québécois s’approprient progressivement les outils numériques, mais un fossé persiste avec les générations plus jeunes. Alors que 95 % des adultes au Québec déclarent avoir utilisé Internet dans les trois derniers mois, cette proportion chute nettement chez les 65 ans et plus, particulièrement dans les régions éloignées.
L’accès aux appareils demeure l’un des enjeux majeurs. Si 87 % des Québécois possèdent un téléphone intelligent, seulement une partie des aînés s’en équipent, certains se limitant encore à la tablette ou à l’ordinateur. Le rapport indique aussi qu’entre 7 % et 18 % des adultes, selon les régions, n’ont aucun de ces trois appareils, une proportion où les personnes âgées sont surreprésentées.
La question de la connexion illustre également ces inégalités. Dans les grands centres urbains, l’accès résidentiel à Internet atteint 97 %, mais il descend jusqu’à 72 % dans certaines régions. Pour les aînés, cette fracture est encore plus marquée : beaucoup restent tributaires de solutions moins performantes comme le partage de connexion cellulaire ou le satellite.
Même lorsqu’ils sont connectés, les aînés expriment plus souvent une insatisfaction face au rapport qualité-prix et à la vitesse de leur forfait Internet. Près de la moitié des adultes québécois se disent « assez satisfaits », mais cette moyenne masque un mécontentement plus élevé dans les groupes âgés et en région, où le service est perçu comme plus coûteux et moins fiablenetendances24-portrait-numeriqu….
Sur le plan de l’utilisation, la navigation demeure pour eux un apprentissage continu. Le français reste la langue dominante pour 69 % des internautes, mais les aînés présentent une navigation plus restreinte, souvent limitée aux courriels, aux recherches d’information et à la consultation de services gouvernementaux. L’adoption de nouvelles plateformes comme les applications de vidéoconférence ou les réseaux sociaux reste inégale.
Enfin, le rapport souligne que la transition vers la 5G, désormais utilisée par 47 % des adultes québécois, touche encore peu les aînés. Leur utilisation repose largement sur des réseaux plus anciens, ce qui contribue à accentuer leur décalage technologique avec le reste de la population.
En somme, le portrait dressé par NETendances rappelle que le Québec vieillit dans un environnement numérique où l’inclusion des aînés demeure un enjeu social et économique. Si les progrès sont réels, l’accès équitable aux appareils, aux réseaux et aux compétences reste un chantier incontournable pour réduire la fracture numérique générationnelle.
Source : Netendances
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Je peine à comprendre la raison pour laquelle la moitié des adultes se disent satisfaits du rapport qualité-prix en vigueur au Québec, alors que l’on doit débourser trois ou quatre fois le prix de ce que coûte une connexion internet ou cellulaire en France. Et c’est sans compter les vitesses de connexion anémiques et la quantité chétive de données proposées par nos entreprises de télécommunication locales.
J’émets une hypothèse que je sais bancale, mais les aînés qui « expriment plus souvent une insatisfaction face au rapport qualité-prix » ne seraient-ils pas mieux informés de ce qui se fait ailleurs dans le monde ?