Tilly Norwood, actrice virtuelle et première création du studio Xicoia, fait ses débuts à Zurich et divise Hollywood

La présentation de l’actrice générée par intelligence artificielle Tilly Norwood, première vedette du nouveau studio Xicoia, a marqué le Zurich Summit, événement phare du Festival du film de Zurich. Derrière ce projet, on retrouve Eline Van Der Velden, fondatrice de Particle6, qui voit en Tilly le point de départ d’une nouvelle ère où les talents virtuels pourraient s’imposer comme de véritables icônes culturelles.

Selon Van Der Velden, l’industrie du divertissement avance discrètement sur ces projets. Plusieurs agences seraient déjà intéressées à représenter Tilly Norwood, et une annonce officielle serait attendue dans les prochains mois. Pour la créatrice, l’ambition est claire : « Nous voulons que Tilly devienne la prochaine Scarlett Johansson ou Natalie Portman. »

Norwood a déjà commencé à bâtir sa carrière numérique. En juillet, elle a dévoilé sur Facebook sa première apparition dans un sketch comique intitulé AI Commissioner, produit par Particle6. « Je peux sembler générée par l’IA, mais je ressens des émotions bien réelles », a-t-elle écrit, affichant un ton volontairement ironique et engageant.

Le lancement de Tilly n’a cependant pas fait l’unanimité. Plusieurs comédiens ont réagi vivement à l’idée qu’une agence puisse représenter une actrice synthétique. Melissa Barrera a dénoncé sur Instagram une démarche « grossière » et a appelé à boycotter les agences qui accepteraient ce type de contrat. Kiersey Clemons a renchéri en demandant que les noms de ces agences soient rendus publics. D’autres, comme Nicholas Alexander Chavez, ont rappelé que Tilly n’était « pas une actrice, en réalité ».

La controverse a même pris un tour humoristique. Lukas Gage a plaisanté en affirmant que Norwood était « en retard sur les tournages » et « incapable de marquer ses positions », tandis que Odessa A’zion a ajouté qu’elle lui avait « lancé du café au visage ». Ces réactions mêlant inquiétude et dérision illustrent le malaise qui entoure l’arrivée de ces nouvelles figures numériques.

Pour Van Der Velden, ces critiques traduisent surtout une résistance au changement. « Le public se concentre sur l’histoire, pas sur le fait que la star ait un pouls », a-t-elle déclaré. Elle insiste sur le fait que l’IA offre une liberté créative inédite, libérée des contraintes budgétaires ou physiques. Son studio Xicoia, spin-off de Particle6, entend développer une quarantaine de personnalités virtuelles dotées de voix distinctes, d’histoires complètes et capables d’interagir en temps réel avec les fans.

Reste que le débat est loin d’être clos. Si certains voient dans Tilly Norwood le symbole d’une nouvelle génération de vedettes capables de ne jamais vieillir ni se fatiguer, d’autres y lisent une menace directe pour les acteurs humains, déjà ébranlés par les grèves de la SAG-AFTRA et les discussions houleuses autour de l’usage de l’IA. Entre promesses de créativité illimitée et craintes de déshumanisation du cinéma, Tilly Norwood cristallise l’un des débats les plus sensibles du moment à Hollywood.

Source : Variety

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