Des cartes de crédit volées vendues pour le prix d’un café

Selon une nouvelle étude de NordVPN, les cartes de paiement volées se revendent à des prix variables selon les pays, mais leur coût a bondi jusqu’à 444 % depuis 2023. Si le prix moyen mondial atteint environ 8 $ US, le Japon enregistre la valeur la plus élevée à près de 23 $ US. À l’inverse, au Canada, le prix a reculé de 26 % en deux ans, pour s’établir à 8,20 $ CA en 2025, l’équivalent de trois « double double » chez Tim Hortons.

L’étude révèle qu’environ 87 % des cartes volées demeurent valides pendant plus d’un an, ce qui en fait une marchandise recherchée sur le Web clandestin. Les États-Unis concentrent plus de 60 % des cartes revendues, suivis de Singapour (11 %) et de l’Espagne (10 %). Les cartes japonaises, plus rares et mieux protégées, se négocient beaucoup plus cher, tandis que celles de la République du Congo ou de la Barbade se vendent autour d’un dollar.

Cette flambée s’explique par un mélange de facteurs économiques et technologiques : la rareté des données, le renforcement des contrôles antifraude et le niveau de risque perçu par les criminels. Adrianus Warmenhoven, expert en cybersécurité chez NordVPN, souligne que « sur les principaux marchés, une carte volée coûte souvent le prix d’un billet de cinéma ». Vendues en lots, elles sont faciles à écouler et peuvent être utilisées pour commettre des fraudes, prendre le contrôle de comptes ou transférer de l’argent.

La fraude par carte fonctionne comme une véritable industrie : des groupes spécialisés volent, valident et monétisent les données avant de les blanchir. Des robots testent automatiquement la validité de milliers de cartes à l’aide de petites entreprises ou de sites marchands compromis. Une fois validées, ces cartes servent à acheter des cartes-cadeaux, des cryptoactifs ou à effectuer des retraits d’argent.

NordVPN recommande plusieurs mesures pour se protéger : surveiller régulièrement ses relevés bancaires, utiliser des mots de passe uniques et complexes, éviter d’enregistrer ses données dans les navigateurs, activer l’authentification multifactorielle et employer des outils de surveillance du Web clandestin comme Dark Web Monitor.

L’étude a été réalisée par NordStellar, la filiale de gestion des risques numériques de NordVPN, sur un échantillon de 50 705 cartes analysées en mai 2025. Aucune donnée réelle n’a été achetée ni utilisée : seules les métadonnées publiées sur les plateformes clandestines ont été examinées.

Source : NordVPN

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