
Microsoft se prépare à voler de ses propres ailes dans la course à l’intelligence artificielle générale (AGI). Selon Business Insider, l’entreprise de Redmond a renégocié son partenariat avec OpenAI, ce qui lui permet désormais de développer ses propres modèles de pointe sans contrainte contractuelle. Mustafa Suleyman, nommé plus tôt cette année à la tête de Microsoft AI, a confirmé que ce nouvel accord marque « un tournant stratégique » pour la firme, longtemps dépendante des technologies d’OpenAI.
Le nouveau département, baptisé Microsoft AI Superintelligence, a pour mission de bâtir une capacité de recherche « de calibre mondial » sur les modèles dits “frontier”, capables d’égaler ou de surpasser les performances humaines dans de multiples domaines. Suleyman estime que Microsoft doit être « autosuffisant en intelligence artificielle », ce qui implique de concevoir et d’entraîner ses propres modèles avec ses ressources internes de données et de calcul. Cette autonomie passe aussi par un investissement massif dans les infrastructures : développement de puces maison, partenariats renforcés avec Nvidia, et expansion du cloud Azure optimisé pour l’IA.
Cette nouvelle orientation marque aussi une redéfinition du partenariat entre Microsoft et OpenAI. Plutôt que de miser sur une dépendance technologique exclusive, les deux entreprises adoptent une relation plus équilibrée où chacune peut poursuivre ses propres ambitions. Pour Microsoft, cette indépendance est stratégique : elle lui permettra d’innover plus rapidement, de tester de nouvelles approches en matière d’architecture de modèles et d’expérimenter des usages inédits dans les produits phares comme Windows, Office ou GitHub Copilot. En arrière-plan, c’est aussi une manière pour Satya Nadella de préparer l’entreprise à un futur où la souveraineté en intelligence artificielle deviendra aussi cruciale que la souveraineté énergétique ou numérique.
Jusqu’à récemment, Microsoft se concentrait sur l’adaptation de modèles existants plutôt que sur la création de systèmes concurrents à GPT. L’accord initial avec OpenAI, signé avant 2020, interdisait à Microsoft de poursuivre sa propre AGI avant 2030. Ce verrou est désormais levé. L’entreprise compte explorer de nouveaux champs d’application – de la santé à l’énergie, en passant par la mobilité – avec l’ambition de « réduire le coût de la vie pour des milliards de personnes d’ici dix ans », selon Suleyman.
Le dirigeant, cofondateur de DeepMind avant de rejoindre Microsoft, insiste toutefois sur la responsabilité qui accompagne cette quête technologique. « Il y a un risque que ces systèmes deviennent extrêmement intelligents et nous échappent. Il faut les concevoir avec une intention humaniste », a-t-il déclaré. Pour appuyer cette vision, il s’est entouré de Trevor Callaghan, ancien juriste en chef de DeepMind, nommé vice-président de l’IA responsable.
Microsoft, fort de ses 300 milliards de dollars de revenus annuels et d’un écosystème logiciel mondial, veut faire de l’intelligence artificielle le cœur de tous ses produits et services. Pour Suleyman, la combinaison unique de données, de distribution et d’interfaces utilisateurs de l’entreprise lui donne un avantage décisif : « Ce n’est qu’une question de temps avant que ces outils deviennent vraiment magiques », a-t-il conclu.
Source : Business Insider
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