
Le rapport Libérer le potentiel de l’IA au Canada 2025 dresse un portrait clair de la transformation numérique que traverse le pays. Selon ce document, près de 160 000 entreprises canadiennes ont commencé à utiliser l’intelligence artificielle au cours de la dernière année, ce qui équivaut à environ trois nouvelles entreprises par minute. L’adoption totale atteint désormais 48 %, en hausse marquée par rapport aux 36 % de l’an dernier. Le Canada compte aujourd’hui plus de 650 000 entreprises engagées de manière régulière dans l’usage de l’IA.
Cette croissance s’accompagne d’impacts économiques significatifs. Parmi les organisations ayant adopté l’IA, 89 % rapportent une augmentation de leurs revenus, avec une croissance moyenne de 26 %. Près de trois quarts observent aussi des gains de productivité, souvent liés à l’automatisation et à une meilleure analyse des données. Ces gains permettent aux entreprises de réorienter leurs ressources vers l’expérience client, la formation ou le développement de nouveaux produits.
Mais derrière ces résultats encourageants se cache une réalité plus nuancée. Le rapport montre que 65 % des entreprises canadiennes n’utilisent l’IA qu’à un niveau rudimentaire, principalement via des agents conversationnels en libre accès. Seules 15 pour cent ont atteint un stade avancé d’intégration, où l’IA sert à transformer des processus complexes ou à créer des modèles entièrement nouveaux.
Les jeunes pousses se distinguent particulièrement. Soixante-cinq pour cent d’entre elles ont adopté l’IA, et 42 % placent cette technologie au cœur de leur modèle d’affaires. Près d’un tiers utilisent déjà des applications avancées, une proportion supérieure à celle observée en Europe. Le rapport montre que ces entreprises, souvent plus agiles, développent des produits natifs en IA et attirent des talents spécialisés, avec 68 pour cent d’entre elles employant déjà des experts internes.
À l’inverse, les grandes entreprises et les PME avancent plus lentement. Seules 17 % des grandes organisations possèdent une stratégie globale en matière d’IA, et la majorité se limite à des gains progressifs. L’étude prévient qu’un écart se creuse entre les jeunes pousses et le reste de l’économie, créant un risque d’« économie de l’IA à deux vitesses ». Pour un pays où la productivité demeure un enjeu structurel, ce retard représente un risque réel de compétitivité.
Plusieurs obstacles freinent l’adoption avancée de l’IA. Le plus important demeure la pénurie de compétences numériques, citée par 51 % des entreprises. Le rapport révèle que seulement 32 % des employés ont reçu une formation numérique au cours de la dernière année, alors que les organisations estiment que l’IA deviendra importante pour 40 % des emplois d’ici trois ans. Cette tension conduit les entreprises à être prêtes à offrir jusqu’à 36 % de rémunération additionnelle pour un candidat doté de compétences avancées en IA.
Le coût de conformité réglementaire apparaît également comme un frein majeur. Le document estime qu’en moyenne, 36 dollars sur chaque tranche de 100 dollars dépensés en technologies servent à répondre aux exigences réglementaires. En outre, 76 % des entreprises anticipent une hausse de ces coûts dans les trois prochaines années. À cela s’ajoute un besoin de clarté juridique, notamment autour du droit d’auteur et de l’exploration de données, essentielle pour l’entraînement des modèles d’IA.
Le rapport met aussi en lumière l’importance stratégique d’un écosystème flexible. Soixante-dix-huit pour cent des entreprises souhaitent pouvoir combiner technologies locales et plateformes internationales. Cette hybridité, vue comme un avantage, permet d’allier conformité, innovation et compétitivité.
Enfin, les auteurs recommandent plusieurs actions prioritaires : investir massivement dans la formation numérique, améliorer l’accès au financement pour les jeunes pousses, moderniser le cadre légal et encourager l’adoption de l’IA dans le secteur public. Le rapport précise que 64 % des entreprises seraient plus enclines à accélérer leur propre adoption si l’État donnait l’exemple.
L’étude conclut que le Canada possède les fondations nécessaires pour devenir un pôle mondial de l’IA, grâce à ses centres de recherche, ses infrastructures infonuagiques et un écosystème de jeunes pousses dynamique. Mais pour réaliser ce potentiel, le pays devra impérativement dépasser l’usage superficiel de l’IA et soutenir une adoption plus ambitieuse, capable de se traduire par une transformation économique durable.
Source : AWS
Transparence : Cet article a été rédigé lors d’un voyage de presse invité par AWS, sans aucun droit de regard d’AWS sur mon contenu.
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