Les créateurs de contenu canadiens ont maintenant leur association

Le paysage numérique canadien s’enrichit d’un nouvel acteur. L’Association canadienne des influenceurs et créateurs de contenu, mieux connue sous l’acronyme CICCA, a officiellement vu le jour mardi, la Journée mondiale des influenceurs. Sa présidente, Geneviève Beaudry, explique que l’idée mûrit depuis plusieurs années, mais que les travaux ont véritablement pris leur essor au début de 2025. L’organisation compte aujourd’hui une douzaine de personnes réparties entre un comité exécutif et plusieurs sous-comités.

La mission de la CICCA se veut claire. L’association souhaite offrir aux influenceurs un accompagnement structuré dans une industrie où l’économie de la création repose de plus en plus sur l’expertise individuelle. Assurance adaptée au métier, répertoire professionnel, accès à un tableau d’offres d’emploi, invitations privilégiées à des événements de l’industrie, rabais sur des outils spécialisés, télémédecine et même possibilités de voyages, les services visent à fournir un cadre professionnel à un domaine encore en pleine transformation. Les membres ont aussi accès à une communauté Discord conçue pour favoriser l’entraide et la collaboration.

Pour les marques, l’association entend devenir un point de repère crédible. Geneviève Beaudry insiste sur un aspect central, soit la vérification systématique des profils des membres pour éviter les faux abonnés ou les pratiques douteuses. Cette étape vise à donner aux entreprises et agences un filet de sécurité lorsqu’elles choisissent un créateur, dans un marché où les contours professionnels sont encore mal définis.

Le lancement de la CICCA intervient alors qu’au Québec, l’ACRÉA défend déjà la reconnaissance du métier de créateur et milite pour des pratiques éthiques. Les deux organisations ne se marchent pas sur les pieds. L’ACRÉA agit à l’échelle québécoise, en lien direct avec le milieu culturel, tandis que la CICCA se présente comme une structure pancanadienne axée sur les besoins opérationnels des créateurs et sur la relation entre les influenceurs et les marques. Les objectifs ne sont pas contradictoires, mais s’ajoutent dans un écosystème où la profession tente de se structurer.

Le site de la CICCA détaille déjà une série de programmes destinés à appuyer la progression des créateurs, comme un programme de mentorat, des formations certifiantes et des événements de communauté. La plateforme propose aussi des ressources pratiques, des guides, des études de cas et un répertoire de professionnels spécialisés, afin d’aider les créateurs à améliorer leurs compétences et à naviguer dans les aspects légaux du métier.

L’association compte maintenant amorcer une tournée auprès d’agences et de différents paliers de gouvernement. L’objectif est d’établir des normes qui aideraient à professionnaliser davantage une industrie encore jeune. Geneviève Beaudry affirme que cet effort de structuration vise autant à protéger les créateurs qu’à donner plus de clarté aux marques qui souhaitent collaborer avec eux.

Dans un univers numérique en croissance rapide, la CICCA mise sur une approche qui combine outils, crédibilité et communauté. Reste à voir comment l’écosystème réagira et si cette nouvelle structure réussira à devenir une référence dans le secteur canadien de la création de contenu.

Source : CICCA, LA PRESSE

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