
Au moment où la désinformation circule à une vitesse inédite, un jeune développeur établi au Québec, Houssem Cherif, travaille sur une solution personnelle qu’il présente comme une contribution à l’intérêt public. Son application, Trustscan IA, veut aider journalistes, éducateurs et citoyens à évaluer la crédibilité d’un texte, d’une image ou d’une vidéo en s’appuyant sur une analyse sémantique et sur des sources d’information reconnues.
Trustscan IA repose d’abord sur un modèle d’intelligence artificielle open source de la famille LLaMA, choisi pour des raisons de souveraineté numérique et de confidentialité. Le système analyse un texte, compare l’information avec des flux RSS provenant de médias considérés fiables et produit ensuite un score de crédibilité. Houssem Cherif souligne que les flux RSS retenus proviennent d’organisations médiatiques canadiennes et internationales dont il sélectionne manuellement les sources. L’objectif est de fournir une base de comparaison transparente et contrôlée.
Pour les vidéos, l’approche combine la transcription automatique et la détection d’anomalies visuelles. Selon lui, certains algorithmes peuvent repérer des artefacts biométriques ou multimédias associés à des contenus falsifiés. Ces capacités demeurent toutefois limitées à ce stade, car la vérification avancée d’images exige une puissance de calcul et des modèles coûteux. TrueScan se concentre donc pour l’instant sur l’analyse textuelle.
L’un des aspects centraux du projet est la souveraineté numérique. Cherif ne souhaite pas que les données transitent vers des serveurs externes. Le traitement est fait localement, directement sur son ordinateur, dans une logique de confidentialité absolue. S’il obtient du financement, il envisage d’héberger la solution sur un serveur dédié au Québec, potentiellement chez OVHcloud Canada.
Trustscan IA en est encore au stade de prototype. Le développeur prévoit mettre en ligne au début de décembre un site permettant aux personnes intéressées de réserver une rencontre pour tester l’outil… en personne. Sans infrastructure distante pour l’instant, il se déplace avec son portable afin d’exécuter le modèle en local et d’observer en direct les résultats. Au printemps 2026, il ambitionne de passer à une phase plus large de tests sur serveur, avec un groupe plus diversifié d’utilisateurs.
Houssem Cherif dit vouloir s’adresser en priorité aux journalistes, aux organismes actifs en intelligence artificielle, aux centres scolaires et aux parents, convaincu que la sensibilisation au deepfake est un enjeu de société. Il souhaite aussi élargir progressivement le cercle de testeurs afin d’obtenir des retours concrets et d’améliorer son outil. Trustscan IA, affirme-t-il, n’a pas vocation commerciale. Il le voit comme une initiative personnelle dédiée à la communauté, née à l’automne après avoir lu plusieurs articles sur les risques liés aux contenus manipulés.
Formé en informatique en Tunisie, passé par les télécommunications puis par un DEP en soutien informatique au Québec, Cherif a poursuivi un parcours l’amenant vers la cybersécurité et l’IA. Son projet Trustscan IA lui a déjà valu des reconnaissances, dont une distinction lors des CyberTalent 2025 – Catégorie Réalisation + soutien informatique DEP. Il développe également un outil séparé pour vérifier l’âge légal d’accès à certains contenus, mais insiste pour le maintenir distinct de Trustscan IA.
Pour l’heure, le chantier le plus immédiat reste la mise en ligne du site de réservation et la préparation des premières rencontres avec les bêta-testeurs. S’il parvient à consolider ses ressources techniques au printemps, l’étape suivante sera l’ouverture d’une phase de test élargie avant un lancement officiel.
Source : LinkedIn
******
Du lundi au vendredi, Bruno Guglielminetti vous propose un regard sur l’essentiel de l’actualité numérique avec 120 secondes de Tech.
Ou encore…
Écoutez la plus récente édition de Mon Carnet,
le magazine hebdomadaire de l’actualité numérique.
En savoir plus sur Mon Carnet
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

