Facebook teste la monétisation du partage de liens

Facebook envisage de monétiser l’un de ses gestes les plus élémentaires, le partage de liens. Meta teste actuellement une limitation du nombre de liens que certains comptes peuvent publier, à moins de souscrire à une offre payante.

Selon plusieurs utilisateurs, les comptes en mode professionnel ainsi que les Pages Facebook ne peuvent désormais publier que deux liens dans des publications classiques. Pour lever cette limite, il faut s’abonner à Meta Verified, un forfait facturé à partir de 14,99 dollars US par mois. L’information a été confirmée par Meta à TechCrunch, qui parle d’un test limité visant à mesurer la valeur perçue de cette fonctionnalité pour les abonnés payants.

Ce changement intervient alors que Facebook demeure un point de passage important pour la circulation de contenus en ligne. De nombreux créateurs et entreprises utilisent la plateforme pour relayer des articles, promouvoir des produits ou diriger leur audience vers des sites externes. Même si Meta affirme que les éditeurs ne sont pas visés pour l’instant, la distinction est floue, car une grande partie de ces acteurs opèrent justement via des Pages ou des profils en mode professionnel.

Le stratège en médias sociaux Matt Navarra précise que certaines options demeurent accessibles. Les liens dans les commentaires restent autorisés, tout comme les liens affiliés et les redirections vers d’autres services de Meta, comme Instagram ou WhatsApp, selon ses observations publiées sur X en décembre 2025. La contrainte porte donc surtout sur les liens intégrés directement aux publications.

Les propres données de Meta éclairent cette décision. Dans un rapport de transparence récent, l’entreprise indique que plus de 98 % des affichages du fil d’actualité aux États-Unis proviennent de publications sans lien. Les publications contenant des liens représentent une faible part des vues et proviennent majoritairement de Pages déjà suivies par les utilisateurs. Autrement dit, les liens externes génèrent moins d’engagement que les contenus natifs, un argument de poids dans une logique de rétention.

Interrogé par la BBC en décembre 2025, Matt Navarra y voit un signal plus large. Selon lui, Meta cherche à monétiser la distribution de contenu elle-même, soit la capacité d’envoyer les utilisateurs ailleurs sur le web. Il rappelle qu’un modèle d’affaires trop dépendant d’une seule plateforme expose créateurs et entreprises à des changements soudains de règles, avec des impacts directs sur leur visibilité et leurs revenus.

Facebook n’est pas un cas isolé. X a déjà réduit la portée des publications contenant des liens externes et transformé la coche de vérification en abonnement mensuel. Le test mené par Meta s’inscrit dans cette tendance, où les plateformes tentent de conserver l’attention des utilisateurs tout en créant de nouvelles sources de revenus.

Pour l’instant, Meta insiste sur le caractère expérimental de la mesure. Mais pour de nombreux acteurs du numérique, cette initiative alimente la crainte d’un avenir où des fonctionnalités de base des réseaux sociaux deviendraient progressivement payantes, au détriment de l’ouverture et de la circulation libre de l’information en ligne.

Source : Digital Trends

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