OnlyFans Management : démarchage massif, promesses d’or et angle mort sur les mineures

Credit : Grok

L’essor des plateformes de contenus pour adultes comme OnlyFans et MYM a fait émerger une nouvelle figure intermédiaire : les “managers” ou agents en OnlyFans Management, OFM. Leur promesse est simple, transformer des profils anonymes en machines à revenus grâce à une gestion optimisée des abonnements et des contenus personnalisés.

Sur les réseaux sociaux, la méthode est rodée. Messages privés envoyés en masse sur Instagram, TikTok ou X, profils affichant voitures de luxe et séjours à Dubaï, captures d’écran de gains supposés à cinq chiffres. Certaines formations en ligne recommandent d’envoyer jusqu’à 600 messages par jour via plusieurs comptes pour éviter les restrictions automatisées des plateformes.

Les témoignages recueillis décrivent des approches répétées, y compris auprès de jeunes femmes sans activité liée aux contenus pour adultes. Les arguments sont quasi identiques : revenus rapides, indépendance financière, possibilité d’aider sa famille. Pourtant, selon un rapport parlementaire publié en janvier, le revenu moyen sur OnlyFans serait inférieur à environ 440 dollars par mois, même si une minorité du top 1 % dépasserait les 14 700 dollars mensuels.

Le modèle économique des managers repose sur une commission qui peut atteindre 60 % des revenus générés. Si l’activité n’est pas en soi illégale, plusieurs parlementaires s’inquiètent de pratiques jugées massives et intrusives. Le député Arthur Delaporte, avec l’ex-député Stéphane Vojetta, souligne dans un rapport que ces sollicitations toucheraient aussi des mineures.

Certaines jeunes femmes affirment avoir été contactées alors que leur âge figurait clairement sur leur profil. Les plateformes interdisent pourtant l’accès aux mineurs et affirment appliquer des mécanismes de vérification d’âge, même si des contournements subsistent. Dans certains cas rapportés, des managers auraient proposé de basculer vers des messageries chiffrées pour contourner ces garde-fous.

En France, une proposition de loi examinée à l’Assemblée nationale vise désormais à créer une infraction d’“exploitation sexuelle en ligne”, ciblant notamment les intermédiaires lorsqu’il y a menace, contrainte ou abus de vulnérabilité. La sénatrice Marie Mercier entend s’attaquer à ce qu’elle qualifie de chaîne d’intermédiaires profitant financièrement de ces créatrices.

Au-delà du démarchage, certains rapports évoquent des dérives : pressions pour produire des contenus plus fréquents ou plus explicites, détournement de revenus, réutilisation non autorisée de contenus, isolement des créatrices. Le débat dépasse ainsi la simple question de la liberté d’entreprendre pour toucher à celle de la protection des personnes vulnérables, en particulier des mineures, dans un écosystème numérique en pleine expansion.

Source : BFMTV

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