IA en enseignement supérieur, un comité consultatif qui déçoit

La première rencontre officielle en près d’un an de l’Instance de concertation nationale sur l’intelligence artificielle en enseignement supérieur laisse plusieurs acteurs du milieu sur leur appétit. Tenue vendredi dernier, la réunion de 90 minutes survenait deux semaines après la publication d’un sondage SOM–Radio-Canada révélant qu’un étudiant sur trois utilise l’IA d’une manière interdite par ses professeurs.

Créée à l’automne 2024 pour réfléchir à une intégration responsable de l’IA dans les cégeps et les universités, l’Instance ne s’était pas réunie officiellement depuis mars 2025. En juin dernier, le ministère de l’Enseignement supérieur avait présenté deux guides d’intégration de l’IA, publiés en août 2025, issus des travaux du groupe. Cette fois, la rencontre visait à faire le point sur le plan d’action 2025-2026 et à discuter des priorités à venir.

Plusieurs participants ont appris que l’Instance deviendrait un comité consultatif permanent chargé de conseiller le ministère sur les orientations stratégiques en matière d’IA. Une évolution saluée par Youri Blanchet, président de la Fédération de l’enseignement collégial, qui y voit la reconnaissance que le chantier est loin d’être terminé. Deux autres rencontres sont prévues en mai et en septembre.

Du côté de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec, Benoît Lacoursière juge encourageant l’avancement de certains travaux, notamment la recension des formations en IA et la création d’une boîte à outils destinée à la communauté universitaire. Il estime toutefois que les ressources offertes aux professeurs demeurent insuffisantes.

La présidente de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université, Madeleine Pastinelli, se montre plus critique. Selon elle, les outils en préparation représentent une réponse modeste face à l’ampleur des besoins. Elle déplore aussi qu’une large part de la rencontre ait porté sur le cadre général de l’IA dans l’administration publique, élaboré par le ministère de la Cybersécurité et du Numérique, alors que ce cadre ne s’applique pas directement aux activités d’enseignement et de recherche.

Plusieurs intervenants ont regretté que la question de l’utilisation problématique de l’IA par les étudiants, soulevée par le sondage SOM–Radio-Canada, n’ait pas été abordée en profondeur. Les enjeux liés à l’intégrité intellectuelle et aux risques de dépendance aux outils génératifs n’ont pas été intégrés explicitement aux priorités du plan d’action actuel, selon des membres présents.

L’absence de la ministre de l’Enseignement supérieur, Martine Biron, et de membres de son cabinet a également été mal reçue. Des représentants syndicaux y voient un signal préoccupant quant à l’importance accordée au dossier. Le cabinet de la ministre indique toutefois qu’elle suivra les travaux du futur comité consultatif, appelé à formuler des recommandations pour encadrer l’IA dans le réseau collégial et universitaire.

Source : Radio-Canada

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