Netflix menace ByteDance : la bataille s’intensifie autour de Seedance 2.0

Le bras de fer entre Hollywood et les plateformes d’intelligence artificielle prend de l’ampleur. Après The Walt Disney Company, Paramount Pictures et Warner Bros. Discovery, c’est au tour de Netflix de s’attaquer à ByteDance au sujet de Seedance 2.0, son générateur vidéo par IA.

Dans une lettre de mise en demeure révélée par plusieurs médias américains, Netflix accuse Seedance 2.0 d’agir comme « une usine de piratage à haute vitesse », capable de produire en masse des œuvres dérivées non autorisées à partir de ses franchises phares. Sont notamment visées des vidéos recréant fidèlement des scènes et personnages de Stranger Things, Squid Game, La Chronique des Bridgerton ou encore du film animé KPop Demon Hunters.

Selon Netflix, des extraits générés par des utilisateurs reproduisent les costumes et l’esthétique de la saison 4 de Bridgerton, y compris des éléments narratifs précis comme la robe « Lady in Silver ». D’autres vidéos recréeraient la finale de Stranger Things avec des versions détaillées des acteurs et des créatures emblématiques comme les Demogorgons ou le Mind Flayer. Le service affirme aussi que des croisements non autorisés circulent, insérant par exemple des personnalités réelles dans l’univers de Squid Game.

Dans sa lettre, signée par la directrice du contentieux Mindy LeMoine, Netflix exige le retrait immédiat de ses propriétés intellectuelles des ensembles de données d’entraînement ainsi que la mise en place de garde-fous techniques pour empêcher de nouvelles infractions. L’entreprise demande également l’identification des utilisateurs responsables et la suspension de leur accès au service. ByteDance disposerait de trois jours pour répondre, faute de quoi Netflix évoque explicitement une action judiciaire imminente.

De son côté, ByteDance a indiqué vouloir renforcer ses protections contre l’usage non autorisé d’œuvres protégées et de l’image d’acteurs, sans détailler les mesures techniques envisagées. Ces assurances ne semblent pas avoir convaincu les studios américains, qui estiment que Seedance 2.0 permet la création d’un produit commercial concurrent s’appuyant directement sur leurs contenus protégés, ce qui, selon eux, ne relève pas de l’exception de « fair use ».

L’affaire met en lumière un enjeu central pour l’industrie audiovisuelle. Seedance 2.0, présenté comme un modèle texte et image vers vidéo capable de produire des clips avec son synchronisé à partir de simples instructions, franchit un cap technologique. Mais plus la qualité progresse, plus la frontière entre inspiration et contrefaçon devient litigieuse.

Au-delà de Netflix, c’est l’ensemble de l’écosystème créatif qui observe cette confrontation. Les syndicats d’acteurs, dont SAG-AFTRA, ont déjà exprimé leurs inquiétudes quant à l’utilisation non autorisée de l’image et de la voix des interprètes. Le conflit autour de Seedance pourrait ainsi devenir un test juridique majeur pour encadrer l’usage des modèles génératifs dans le secteur du divertissement.

Pour l’instant, le compte à rebours est lancé. Reste à voir si ByteDance ajustera son outil ou si le différend se réglera devant les tribunaux américains.

Source : Variety, Games radar

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