Perplexity tourne le dos à la publicité pour préserver la confiance

L’éditeur américain Perplexity AI fait marche arrière sur la publicité. Après avoir testé en 2024 des réponses commanditées affichées sous les résultats de son robot conversationnel, l’entreprise annonce qu’elle abandonne cette avenue, estimant que les annonces risquent d’éroder la confiance des utilisateurs.

Basée à San Francisco et dirigée par Aravind Srinivas, la société avait été l’une des premières dans l’univers de l’IA générative à expérimenter un modèle hybride mêlant réponses automatisées et contenus sponsorisés. Les annonces étaient clairement identifiées et, selon l’entreprise, n’influençaient pas les réponses générées.

Mais en interne, le constat est clair : même étiquetée, la publicité sème le doute. Si l’utilisateur soupçonne un biais commercial, la crédibilité de la réponse est fragilisée. Or, dans un moteur conversationnel qui promet « la meilleure réponse possible », la perception compte autant que la technologie.

Cette décision contraste avec les choix de plusieurs concurrents. OpenAI teste actuellement l’intégration de publicités pour les utilisateurs gratuits de ChatGPT, avec un modèle semblable d’annonces affichées sous les réponses. Google insère déjà de la publicité dans ses résumés générés par IA sur son moteur de recherche, même si son robot conversationnel Gemini en est pour l’instant exempté. À l’inverse, Anthropic a récemment affirmé vouloir garder son assistant Claude sans publicité.

Valorisée à 18 milliards de dollars et affichant environ 200 millions de dollars de revenus annualisés, Perplexity revendique plus de 100 millions d’utilisateurs. Son modèle économique repose d’abord sur l’abonnement, avec des forfaits allant de 20 à 200 dollars par mois. L’entreprise offre aussi une version gratuite, mais mise sur la conversion vers des offres payantes plutôt que sur la monétisation publicitaire.

Perplexity avait également été parmi les premières à intégrer des fonctions d’achat dans son interface. Contrairement à d’autres acteurs, elle affirme toutefois ne pas toucher de commission sur les ventes générées.

En choisissant de se retirer du marché publicitaire, Perplexity envoie un signal clair : dans l’économie de l’IA générative, la confiance pourrait devenir un avantage concurrentiel plus précieux que les revenus rapides issus des annonces. Reste à voir si ce pari tiendra face aux pressions financières qui pèsent sur un secteur où les coûts d’infrastructure et d’entraînement des modèles demeurent élevés.

Source : Financial Times

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