
Google lance aujourd’hui au Canada sa fonction d’« intelligence personnelle » dans l’application Gemini, une nouveauté qui permet à l’assistant de personnaliser ses réponses en se connectant à des services comme Gmail, Google Photos, la Recherche et l’historique YouTube. L’objectif n’est plus seulement de retrouver une information dans les applications de l’utilisateur, mais aussi de raisonner à partir de cet ensemble de données pour formuler des réponses plus pertinentes et, dans certains cas, plus proactives.
Concrètement, Google veut faire de Gemini un assistant qui connaît davantage le contexte personnel de son utilisateur. L’exemple mis de l’avant par l’entreprise est révélateur : au lieu de simplement retrouver les caractéristiques d’une voiture, Gemini peut aussi recommander des pneus adaptés aux habitudes de déplacement observées dans les données associées au compte. Cette logique marque un changement important. On passe d’un assistant qui répond à une question à un outil capable de relier plusieurs indices personnels pour produire une suggestion sur mesure.
Au Canada, le déploiement commence d’abord pour les abonnés Google AI Plus, Pro et Ultra, avec une activation progressive au fil de la journée. Google prévoit ensuite d’ouvrir la fonction aux utilisateurs de la version gratuite dans les prochaines semaines. Une fois activée, elle sera accessible sur le Web, Android et iOS, avec tous les modèles offerts dans le sélecteur de Gemini. Pour le moment, cette capacité demeure réservée aux comptes Google personnels et n’est pas proposée aux environnements Workspace destinés aux entreprises ou au milieu de l’éducation.
Google insiste toutefois sur l’idée de contrôle. La personnalisation est désactivée par défaut et l’utilisateur choisit lui-même quelles applications il souhaite relier à Gemini. L’entreprise précise aussi que toutes les réponses ne seront pas nécessairement personnalisées, puisque le système doit juger que cette approche est réellement utile dans le contexte de la demande. L’utilisateur peut également désactiver l’usage de ses conversations passées, régénérer certaines réponses sans personnalisation ou encore recourir à des conversations temporaires.
La question de la vie privée sera inévitablement au cœur des réactions. Google affirme que Gemini n’est pas entraîné directement sur le contenu de la boîte Gmail ou sur la photothèque personnelle. Selon l’entreprise, les données des applications connectées servent d’abord à générer la réponse, tandis que l’amélioration du système repose sur un usage limité de certaines requêtes et réponses, après filtrage ou obfuscation de données personnelles. Google reconnaît aussi que la fonction peut encore commettre des erreurs ou aller trop loin dans la personnalisation, ce qui explique la présence d’outils de rétroaction comme le bouton « pouce vers le bas ».
Avec ce lancement canadien, Google poursuit une stratégie amorcée aux États-Unis en janvier, puis élargie ensuite à d’autres surfaces de recherche comme AI Mode et Gemini dans Chrome sur le marché américain. Le Canada devient ainsi l’un des premiers marchés hors États-Unis à recevoir cette brique importante de l’expérience Gemini. Pour Google, l’enjeu est clair : faire de son assistant un compagnon numérique plus utile au quotidien. Pour les utilisateurs, la vraie question sera de savoir jusqu’où ils accepteront de laisser l’IA apprendre à les connaître pour leur rendre service.
Source : Google
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