Ottawa ouvre la porte à un âge minimum pour les réseaux sociaux et les agents conversationnels

Le gouvernement fédéral dit étudier très sérieusement l’idée d’imposer un âge minimum pour l’accès aux réseaux sociaux au Canada. Le ministre Marc Miller a confirmé que cette option est sur la table, quelques jours après l’adoption, au congrès du Parti libéral à Montréal, de résolutions non contraignantes réclamant un seuil fixé à 16 ans pour les comptes de médias sociaux et pour certains agents conversationnels dopés à l’intelligence artificielle.

Le message d’Ottawa est toutefois nuancé. Marc Miller estime qu’une interdiction pourrait constituer un outil utile, mais certainement pas une réponse complète aux préjudices en ligne. Selon lui, les risques ne disparaissent pas automatiquement à 15, 16 ou 17 ans, ce qui oblige le gouvernement à penser une approche plus large que la seule question de l’âge.

Cette prudence montre que le gouvernement veut éviter une mesure symbolique mal ficelée. Le ministre de l’Intelligence artificielle, Evan Solomon, a d’ailleurs soulevé un point central : comment vérifier l’âge des utilisateurs, à grande échelle, sans créer d’autres problèmes liés à la vie privée, à l’identité numérique ou à l’exclusion de certains usagers. C’est l’un des nœuds du débat.

Pour encadrer sa réflexion, Ottawa a reconvoqué un groupe d’experts composé de chercheurs, de spécialistes de la sécurité des enfants en ligne et d’universitaires. Leur mandat est large : conseiller le gouvernement sur la sécurité en ligne, la régulation des grandes plateformes et la place qu’il faudrait accorder, dans une future loi, aux agents conversationnels, aux compagnons IA et aux nouveaux services numériques qui gagnent rapidement du terrain.

Le dossier s’inscrit aussi dans la relance attendue d’une législation sur les préjudices en ligne. Le précédent projet de loi, C-63, n’a jamais abouti. Ottawa semble vouloir revenir avec une version plus resserrée, après les critiques de l’opposition et les accusations d’atteinte potentielle à la liberté d’expression. Marc Miller a lui-même reconnu que certaines versions antérieures avaient peut-être trop élargi le cadre.

En toile de fond, l’Australie sert de laboratoire politique. Le pays a déjà adopté une loi limitant l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, une référence explicitement évoquée dans les discussions canadiennes. Mais le cas australien montre aussi qu’entre l’annonce politique et l’application concrète, il reste plusieurs questions difficiles à régler, notamment sur l’efficacité réelle des contrôles.

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