
OpenAI accélère dans la course aux assistants de programmation. L’entreprise a annoncé une importante mise à jour de Codex, son outil destiné aux développeurs, avec une ambition claire : sortir du simple cadre de l’aide au code pour devenir un assistant capable d’agir plus largement sur l’ordinateur de l’utilisateur. Selon OpenAI, Codex peut désormais voir l’écran, cliquer, taper et utiliser les applications d’un Mac en arrière-plan, pendant que la personne continue son travail dans d’autres fenêtres.
Cette évolution n’arrive pas dans le vide. Depuis plusieurs semaines, Anthropic gagne du terrain auprès des équipes techniques avec Claude Code, souvent présenté comme un rival sérieux dans les milieux de développement. Anthropic a aussi déployé récemment des fonctions permettant à Claude d’utiliser l’ordinateur de l’usager, notamment dans Claude Code et Claude Cowork. En donnant à Codex des capacités comparables, OpenAI envoie un message clair : le terrain des outils de programmation intelligents est désormais un front stratégique.
Dans le détail, la nouvelle version de Codex ne se limite pas au contrôle du poste de travail. OpenAI ajoute un navigateur intégré, pensé pour laisser l’agent intervenir plus directement dans des applications web, commenter des éléments d’interface et soutenir des tâches comme les tests, les ajustements d’interface ou certains travaux sans API. L’entreprise présente aussi une fonction de mémoire, encore en préversion, pour permettre à Codex de retenir certaines préférences de travail et le contexte des sessions précédentes.
OpenAI élargit aussi la portée de son outil avec des intégrations vers de nombreux services professionnels. L’entreprise évoque 111 connecteurs, dont GitLab Issues et CodeRabbit, afin que Codex puisse enchaîner des tâches plus administratives ou opérationnelles dans les flux de travail. OpenAI lui ajoute également des capacités de génération d’images pour produire des maquettes, des concepts visuels ou des éléments de présentation, signe que Codex est désormais présenté comme un outil de productivité plus généraliste que strictement réservé au développement logiciel.
Cette annonce traduit un repositionnement plus large. OpenAI cherche visiblement à renforcer son offre pour les entreprises, là où Anthropic marque des points depuis plusieurs mois. La formule tarifaire à l’usage annoncée pour les clients ChatGPT Enterprise et Business va dans le même sens : rendre l’adoption plus souple pour les organisations qui veulent tester ou déployer ces nouveaux agents sans s’engager d’emblée dans un cadre plus rigide.
Reste maintenant la question essentielle : au-delà de l’effet d’annonce, lequel de ces outils s’imposera vraiment dans les équipes. Sur le papier, OpenAI réduit l’écart avec une mise à jour ambitieuse. Mais plus ces assistants obtiennent d’accès au navigateur, aux applications et au poste de travail, plus les enjeux de confiance, de supervision et de sécurité deviennent centraux. La bataille entre OpenAI et Anthropic ne se joue donc plus seulement sur la qualité du code produit, mais sur la capacité à devenir un véritable collègue numérique, sans transformer l’ordinateur en stagiaire impossible à surveiller.
Source : Techcrunch
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