
Écarté du nouveau conseil des ministres de Christine Fréchette après avoir publiquement mis en garde contre les risques entourant le Dossier santé numérique, Gilles Bélanger a choisi de quitter la Coalition avenir Québec pour siéger comme député indépendant à l’Assemblée nationale. L’ex-ministre de la Cybersécurité et du Numérique, en poste depuis le 28 février 2025, affirme vouloir rester fidèle à ses convictions et poursuivre son combat en faveur de la souveraineté numérique du Québec.
Dans un message publié mercredi après-midi sur Facebook, le député d’Orford explique avoir plaidé « avec conviction » pour que le Québec jette les bases d’une souveraineté numérique qu’il juge essentielle « pour notre nation, la protection de nos données et l’efficacité de l’État ». Il dit aussi souhaiter que la personne qui lui succédera poursuive ce travail. Cette déclaration s’inscrit dans la continuité de ses récentes prises de position sur les grands projets numériques de l’État québécois.
Gilles Bélanger lie clairement sa décision aux inquiétudes qu’il a exprimées ces derniers jours à propos du Dossier santé numérique. Dans son message, il écrit avoir « sonné l’alarme sur la réalisation de projets numériques » qui lui paraissent « mal alignés » et susceptibles de mener à « un déraillement évident ». Il maintient aujourd’hui cette position, estimant que les échecs passés doivent servir de leçon pour éviter de nouveaux ratés dans la gestion des infrastructures numériques publiques.
Son départ prend aussi une portée politique plus large. Mardi, Christine Fréchette l’a exclu de son cabinet lors de la présentation de sa nouvelle équipe ministérielle, alors même qu’il avait été le premier élu caquiste à l’appuyer lorsque la course à la succession de François Legault s’est amorcée. Selon les informations rapportées mercredi, l’ex-ministre digérait mal à la fois son éviction et certains choix effectués par la nouvelle première ministre dans la composition de son conseil des ministres.
En choisissant de siéger comme indépendant, Gilles Bélanger dit vouloir compléter son mandat de député d’Orford tout en continuant de défendre, partout où il le pourra, les principes de souveraineté numérique. Ce positionnement lui permet de conserver une liberté de parole sur les dossiers technologiques qui l’ont placé au cœur de l’actualité québécoise des derniers jours, notamment la gouvernance des données et la capacité de l’État à garder le contrôle de ses grands systèmes.
Cette démission ajoute toutefois à la pression qui pèse déjà sur la nouvelle première ministre. L’opposition y voit un symptôme de fragilité politique, alors que d’autres élus caquistes seraient eux aussi en réflexion après la formation du cabinet. À quelques mois des prochaines élections, le départ d’un ministre associé à la cybersécurité, au numérique et à la protection des données vient rappeler qu’au Québec, les dossiers technologiques ne sont plus seulement des enjeux administratifs. Ils deviennent aussi des marqueurs politiques.

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