Le ministre Evan Solomon promet un superordinateur public pour renforcer la souveraineté en IA du Canada

En publiant une courte vidéo en fin de journée, le ministre canadien de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique, Evan Solomon, a voulu envoyer un message clair. Ottawa lie désormais très clairement sa stratégie en IA à une ambition de souveraineté numérique, avec la promesse de bâtir le premier superordinateur public canadien dédié à l’intelligence artificielle. Soit, une semaine après que le gouvernement fédéral a annoncé le lancement d’une initiative nationale pour développer une capacité de calcul IA à grande échelle au pays.

Dans sa vidéo, Evan Solomon affirme que, « pour rivaliser avec les meilleurs au monde en intelligence artificielle, il faut les meilleurs équipements ». Le Canada possède déjà « les meilleurs talents en IA au monde » et le gouvernement veut maintenant leur donner « les meilleurs outils ». Le ministre compare même cet effort à celui d’un joueur vedette qui s’assure d’avoir le bon équipement pour remporter la Coupe Stanley, une image destinée à rendre le message plus concret et plus politique.

Le cœur de son message tient dans une formule simple. « Nous construisons le premier superordinateur public d’IA du Canada, ici même au Canada, détenu par des Canadiens, construit par des Canadiens », dit-il. On doit donc comprendre que l’infrastructure de calcul, aujourd’hui souvent louée à l’étranger ou auprès de grands joueurs américains, doit à l’avenir être davantage hébergée et contrôlée ici. Une orientation qui reprend mot pour mot l’esprit de l’initiative fédérale sur la capacité souveraine de calcul en IA, présentée par Ottawa comme un levier pour la recherche, l’innovation et la protection des intérêts nationaux.

Pour défendre cette vision, Evan Solomon insiste sur les usages concrets, et très canadien, mais aucun exemple au Québec, dans une vidéo disponible uniquement en anglais, avec sous-titres anglais/francais. Il évoque « un médecin à Halifax » qui pourrait détecter le cancer plus tôt grâce à l’IA, « un ingénieur à Calgary » qui travaillerait sur des systèmes énergétiques plus propres, ainsi qu’« une fondatrice de start-up à Waterloo » qui n’aurait plus besoin d’aller chercher sa puissance de calcul dans la Silicon Valley. Comprendre cette fois que si le Canada veut garder ses jeunes pousses, ses données, ses emplois et sa propriété intellectuelle, il doit aussi posséder ses propres infrastructures stratégiques. Ottawa présente justement cette politique comme un moyen d’accélérer les projets d’ici sans dépendre d’équipements installés dans d’autres pays.

C’est d’ailleurs sur cette idée que le ministre conclut sa vidéo. « Notre innovation doit rester ici, nos données doivent rester ici, notre infrastructure doit rester ici, nos emplois doivent rester ici, et surtout notre propriété intellectuelle doit rester ici au Canada », dit Evan Solomon. Pour le gouvernement, la souveraineté numérique ne se limite plus aux lois ou aux principes, elle passe aussi par la possession des machines. Après avoir longtemps misé sur le talent et la recherche, le Canada veut maintenant montrer qu’il peut aussi bâtir la capacité industrielle nécessaire pour soutenir sa course en intelligence artificielle.

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