Turquie : le Parlement veut interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans

La Turquie franchit une nouvelle étape dans l’encadrement du numérique chez les jeunes. Les députés turcs ont adopté un projet de loi qui vise à restreindre l’accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans, dans un contexte de préoccupations croissantes autour de la sécurité, de la santé mentale et de l’exposition des mineurs à des contenus jugés nocifs.

Selon le texte adopté, les grandes plateformes comme YouTube, TikTok, Facebook ou Instagram devront mettre en place des systèmes de vérification de l’âge, offrir des outils de contrôle parental et réagir rapidement lorsqu’un contenu est considéré comme dangereux pour les plus jeunes. Les entreprises de jeux en ligne devront aussi désigner un représentant officiel en Turquie afin de s’assurer du respect des nouvelles règles.

Le président Recep Tayyip Erdogan doit maintenant approuver la loi dans un délai de quinze jours pour qu’elle entre en vigueur. Ces derniers jours, il a justifié ce resserrement en affirmant que certaines applications numériques altèrent l’esprit des enfants et que les réseaux sociaux posent des risques pour leur sécurité et leur vie privée.

Cette réforme survient une semaine après une attaque meurtrière dans une école de Kahramanmaras. Les autorités enquêtent notamment sur l’activité en ligne du jeune auteur afin de mieux comprendre ce qui a pu influencer son passage à l’acte. Le gouvernement turc relie donc clairement ce débat à la question des dangers numériques chez les adolescents.

L’opposition, en particulier le Parti républicain du peuple, critique toutefois cette approche. Ses élus estiment que la protection des enfants ne doit pas passer par des interdictions, mais par des politiques fondées sur les droits, l’éducation et l’accompagnement des familles.

En pratique, les plateformes qui ne se conformeraient pas aux nouvelles obligations pourraient s’exposer à des amendes, voire à une réduction de leur bande passante imposée par le régulateur turc des communications. Cela donnerait à l’État un levier important pour forcer les entreprises du numérique à appliquer la loi.

La Turquie s’inscrit ainsi dans une tendance mondiale. L’Australie a déjà imposé des restrictions similaires pour les moins de 16 ans, tandis que l’Indonésie a commencé à limiter l’accès des plus jeunes à certaines plateformes. En Europe aussi, plusieurs pays, dont la France, l’Espagne et le Royaume-Uni, réfléchissent à des mesures comparables. Et chez nous, Ottawa dit réfléchir à la chose. Reste à voir si ces politiques protégeront réellement les jeunes, ou si elles ouvriront un nouveau débat sur la liberté d’expression, la surveillance et le rôle des parents face au numérique.

Source : AP

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