
L’Office québécois de la langue française met à jour son vocabulaire de l’intelligence artificielle, huit ans après une première publication consacrée au sujet. Le nouvel outil s’intitule L’intelligence artificielle en évolution : les termes de l’IA. Il vise à accompagner l’arrivée rapide de nouveaux usages, notamment ceux liés à l’IA générative, aux grands modèles de langage et aux agents intelligents.
Cette version actualisée et bonifiée reprend le travail amorcé en 2018 avec Une intelligence artificielle bien réelle : les termes de l’IA. Elle regroupe maintenant les termes français associés à plus de 200 concepts. On y trouve aussi bien des notions techniques, comme l’affinage, la conversion en jetons ou le décodage spéculatif, que des expressions liées aux enjeux actuels, comme l’alignement de l’IA, l’hallucination d’IA, l’infiltration de requête ou la complaisance de l’intelligence artificielle.
L’objectif est clairement linguistique, mais aussi économique et professionnel. En diffusant ce vocabulaire, l’OQLF veut soutenir la francisation des milieux de travail touchés par l’intelligence artificielle. L’enjeu est important, car l’IA s’installe désormais dans des secteurs aussi variés que la médecine, la finance, le transport, l’éducation, l’informatique et les nouvelles technologies.
Le projet a été réalisé avec la collaboration de plusieurs acteurs du milieu québécois de l’IA et du numérique, dont l’Institut québécois d’intelligence artificielle, le ministère de la Cybersécurité et du Numérique, le Département d’informatique de l’Université de Sherbrooke, l’Institut intelligence et données de l’Université Laval et HEC Montréal. Cette collaboration donne au vocabulaire une portée qui dépasse le simple exercice terminologique.
L’outil se distingue aussi par ses choix normatifs. Certaines fiches indiquent les termes privilégiés, les termes acceptables dans certains contextes et les termes déconseillés. Par exemple, l’OQLF recommande « agent conversationnel » et indique que « robot conversationnel » désigne généralement un agent plus simple, tandis que l’emprunt anglais « chatbot » est déconseillé. Dans le même esprit, « apprentissage automatique » est recommandé pour traduire « machine learning ».
Le vocabulaire reflète également les transformations récentes du domaine. L’apparition de termes comme « intelligence artificielle agentive », « génération augmentée par récupération », « grand modèle de langage », « rédaction de requêtes » et « rédactique » montre à quel point l’IA est passée d’un champ technique spécialisé à un ensemble d’outils désormais présents dans les usages professionnels et grand public.
Les fiches terminologiques sont aussi accessibles dans la Vitrine linguistique de l’Office, qui regroupe ses outils et services linguistiques. Pour les entreprises, les médias, les chercheurs et les professionnels du numérique, ce vocabulaire devient donc une référence utile pour nommer les réalités de l’IA en français, sans dépendre uniquement des termes anglais qui dominent souvent l’industrie.
Au fond, cette mise à jour rappelle une évidence : l’intelligence artificielle ne transforme pas seulement les métiers, les logiciels et les organisations. Elle transforme aussi la langue utilisée pour en parler. Et au Québec, cette bataille-là se joue aussi mot par mot.
Si le sujet vous intéresse, je vous rappelle qu’il existe également l’ouvrage « Les 101 mots de l’intelligence artificielle », une référence portée par DataFranca, qui définit en français les termes essentiels de l’IA, notamment ceux liés aux données massives et à l’apprentissage automatique.
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