
Le Québec parle beaucoup d’intelligence artificielle. Il y investit, il en fait un axe de développement économique, il multiplie les initiatives de recherche, de formation et d’accompagnement. Mais une question demeure encore trop peu documentée : les entreprises disposent-elles vraiment des conditions nécessaires pour intégrer l’IA de façon durable, stratégique et rentable?
C’est à cette question que veut répondre une recherche menée par ExoB2B, en collaboration avec des chercheurs de l’Université du Québec à Montréal, sous la supervision du professeur Benoit Bourguignon. L’étude s’intéresse plus précisément aux fonctions marketing et ventes des entreprises B2B québécoises, un secteur où l’intelligence artificielle promet déjà de transformer les méthodes de prospection, d’analyse de marché, d’automatisation et de personnalisation.
L’objectif n’est pas seulement de savoir si les entreprises utilisent déjà des outils d’IA. Il s’agit surtout de comprendre leur niveau réel de maturité. Autrement dit, ont-elles les données, les compétences, les processus, la gouvernance et la culture organisationnelle nécessaires pour intégrer ces technologies autrement que par essais ponctuels?
Dans les entreprises B2B, l’IA peut intervenir à plusieurs niveaux : génération de pistes de vente, analyse prédictive, création de contenu, automatisation marketing, soutien aux équipes commerciales, segmentation des clients ou encore détection de signaux d’intention. Ces usages peuvent améliorer la performance, mais ils exigent aussi une capacité d’intégration qui dépasse largement la simple adoption d’un outil.
C’est précisément là que la recherche prend son importance. Malgré l’abondance de discours sur l’IA, les données empiriques sur son adoption dans les entreprises B2B québécoises demeurent limitées. Plusieurs études existent à l’international, notamment aux États-Unis, mais elles ne reflètent pas toujours les réalités organisationnelles, économiques et technologiques propres au Québec.
La recherche vise donc à dresser un portrait plus clair des pratiques actuelles, des obstacles rencontrés et des opportunités qui se dessinent. Elle documentera notamment les défis humains, technologiques et organisationnels liés à l’adoption de l’IA, la manière dont les entreprises évaluent les bénéfices de ces outils, ainsi que leur capacité à les intégrer à long terme dans leur stratégie d’affaires.
Les résultats devraient permettre de produire un rapport de recherche, des tendances émergentes, des analyses comparatives et des repères concrets pour aider les entreprises à se situer. Pour les dirigeants, responsables marketing, équipes de ventes, directions numériques, analystes de données et DSI, ce type de portrait pourrait devenir un outil utile pour mieux orienter les décisions des prochaines années.
La participation terrain devient donc un élément central de la démarche. Plus le nombre d’entreprises participantes sera élevé, plus les résultats permettront de refléter fidèlement la réalité du tissu économique québécois. Le questionnaire, hébergé par l’UQAM, prend environ 10 à 14 minutes à remplir. Les réponses sont confidentielles, et les participants auront accès aux résultats de la recherche en primeur.
Au moment où l’IA devient un facteur de compétitivité, le Québec a besoin de plus que des annonces et des intentions. Il lui faut aussi des données solides pour comprendre où en sont réellement ses entreprises. Cette recherche pourrait contribuer à combler ce manque, en offrant un portrait plus précis de la capacité des organisations B2B à passer de l’expérimentation à l’intégration stratégique.
Source : Intelligence artificielle dans les entreprises B2B au Québec : défis et opportunités
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