
Au Venezuela, plusieurs millions de personnes ont reçu une alerte de tremblement de terre sur leur téléphone Android avant même de sentir le sol bouger. Selon le New York Times, Google affirme que son système Earthquake Alerts a rejoint 11,4 millions d’utilisateurs lors de deux puissants séismes survenus mercredi.
Le Venezuela ne dispose pas de son propre système national d’alerte précoce. C’est donc le réseau de Google qui a joué ce rôle, en utilisant les capteurs déjà présents dans les téléphones Android. Ces accéléromètres, habituellement utilisés pour détecter l’orientation de l’écran, peuvent aussi percevoir certaines vibrations sismiques.
Le principe repose sur la différence entre deux types d’ondes. Les premières, les ondes P, se déplacent plus rapidement et causent généralement moins de dégâts. Les secondes, les ondes S, arrivent plus lentement, mais provoquent les secousses les plus fortes. Lorsque suffisamment de téléphones immobiles détectent les premières vibrations, les données sont envoyées aux serveurs de Google, qui tentent d’identifier rapidement la localisation et l’intensité du séisme.
Dans le cas du Venezuela, des téléphones auraient détecté les premières ondes environ trois secondes après le début du séisme. Six secondes plus tard, Google avait assez d’information pour envoyer les premières alertes. Certaines personnes ont reçu seulement quelques secondes d’avertissement, d’autres jusqu’à deux minutes, selon leur distance de l’épicentre.
Les deux séismes ont été très puissants, avec des magnitudes de 7,2 et 7,5. Google indique avoir envoyé toute sa gamme d’alertes, dont près de 1,4 million d’alertes prioritaires de type « Take Action » dans les zones où les secousses risquaient d’être les plus fortes.
Ce type de système ne remplace pas les réseaux publics de capteurs sismiques utilisés dans des pays comme le Japon, le Mexique, le Canada ou les États-Unis. Mais il peut offrir une solution d’appoint dans les régions où l’infrastructure officielle est absente ou limitée. Avec Android présent sur une majorité de téléphones intelligents dans le monde, Google dispose d’un réseau de détection potentiel immense.
Il reste toutefois difficile de savoir si ces alertes ont permis de sauver des vies cette fois-ci. Même quelques secondes peuvent faire une différence, notamment pour se mettre à l’abri avant les secousses les plus fortes. Mais les alertes arrivent parfois trop tard pour les personnes très proches de l’épicentre.
L’épisode montre surtout comment les téléphones intelligents peuvent devenir des capteurs distribués à grande échelle. Un outil imparfait, mais potentiellement précieux, surtout dans les pays qui ne disposent pas encore d’un système national d’alerte sismique.
Source : New York Times
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