
Amazon franchit une étape importante dans son ambitieux projet Internet par satellite. Avec son dernier lancement, la constellation Amazon Leo compte maintenant 396 satellites en orbite basse, assez, selon l’entreprise, pour commencer à offrir un service commercial dans certaines régions. Chris Weber, vice-président responsable des activités et des produits d’Amazon Leo, affirme que ce nombre est suffisant pour soutenir un service continu dans les premières zones desservies.
Ce lancement rapproche Amazon de son objectif annoncé : ouvrir commercialement Amazon Leo au milieu de 2026. Le service, autrefois connu sous le nom de Project Kuiper, a été rebaptisé Amazon Leo en novembre 2025. Amazon le présente comme un réseau de satellites en orbite basse destiné à fournir une connexion Internet rapide, notamment dans les régions mal desservies par les infrastructures terrestres.
Mais les premiers abonnés devront modérer leurs attentes. L’expérience initiale pourrait ressembler aux débuts de Starlink, lancé en version bêta en 2020 sous l’étiquette « Better than nothing beta ». À l’époque, SpaceX disposait déjà de près de 900 satellites, mais les utilisateurs rapportaient encore des interruptions fréquentes, une forte sensibilité aux obstacles et des performances variables. Les vitesses tournaient alors autour de 50 à 150 Mbit/s, avec une latence de 20 à 40 millisecondes, selon The Verge.
Amazon part donc avec un réseau encore très limité. La constellation prévue doit compter 3 236 satellites en orbite basse. L’entreprise est encore loin de cet objectif, même si elle a déjà réservé des lancements auprès de plusieurs partenaires, dont United Launch Alliance, Arianespace, Blue Origin et SpaceX. Amazon confirme que son réseau reposera aussi sur des antennes au sol, des liens optiques entre satellites et des points de connexion à Internet.
La comparaison avec Starlink reste brutale. SpaceX exploite aujourd’hui plus de 10 000 satellites Starlink, selon plusieurs suivis récents, et le réseau dessert maintenant de nombreux usages sur terre, en mer et dans les airs. Space.com rapportait au 1er juin 2026 plus de 10 400 satellites Starlink en orbite, tandis qu’un lancement à la fin juin aurait porté ce total au-delà de 10 700 satellites.
Cette avance donne à Starlink un avantage considérable en couverture, en capacité et en fiabilité. Les performances varient selon l’équipement, l’abonnement, l’heure et la localisation, mais le service a beaucoup gagné en maturité depuis ses débuts. Amazon, de son côté, devra multiplier les lancements avant de pouvoir rivaliser à grande échelle.
Le retard d’Amazon s’explique en partie par la complexité logistique du projet et par la dépendance à plusieurs fournisseurs de lancement. Blue Origin, l’autre grande entreprise spatiale de Jeff Bezos, n’a pas encore atteint le rythme de lancement régulier espéré avec sa fusée New Glenn, ce qui a contribué à ralentir le déploiement.
Amazon Leo pourrait néanmoins devenir un concurrent sérieux à moyen terme. L’entreprise dispose de moyens financiers importants, d’une expertise dans les services infonuagiques avec AWS et de partenariats potentiels avec des entreprises, des gouvernements, des opérateurs télécoms et des clients industriels. Mais pour le grand public, le premier service risque d’être plus expérimental que révolutionnaire.
Le véritable enjeu ne sera donc pas seulement de savoir si Amazon peut lancer Amazon Leo. Il sera de voir à quelle vitesse l’entreprise pourra densifier sa constellation, améliorer la stabilité du service et offrir une alternative crédible à Starlink. Pour l’instant, Amazon entre enfin dans la course. SpaceX, lui, a déjà plusieurs tours d’avance.
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