
Le président chinois Xi Jinping a profité de l’ouverture de la Conférence mondiale sur l’intelligence artificielle, aujourd’hui à Shanghai, pour présenter la Chine comme un moteur de la coopération internationale en matière d’IA. Son discours a combiné appels à l’ouverture technologique, promesses destinées aux pays en développement et avertissements concernant les risques associés aux systèmes intelligents.
Devant les participants de la World Artificial Intelligence Conference, la WAIC, Xi Jinping a comparé l’importance de l’intelligence artificielle à celle de la machine à vapeur, de l’électricité et d’Internet. Selon lui, cette nouvelle révolution technologique offre d’importantes possibilités économiques et sociales, mais soulève également des questions de sécurité, d’éthique, de gouvernance et d’accès équitable.
« Nous devons veiller à ce que l’IA soit un moteur important de la prospérité partagée et de la sécurité commune », a déclaré le président chinois. Il a appelé les gouvernements à mettre en place un système mondial de gouvernance qu’il souhaite juste et équitable.
Xi Jinping a présenté quatre principes devant guider le développement mondial de l’IA. Il a d’abord réclamé davantage d’ouverture, de collaboration, de partage technologique et de logiciels à code source ouvert afin d’accélérer l’innovation et l’adoption de l’intelligence artificielle dans l’ensemble de l’économie.
Il a ensuite demandé la création de lois, de mécanismes de surveillance, de systèmes d’alerte et de procédures d’intervention permettant de prévenir les abus, les utilisations malveillantes et les scénarios de perte de contrôle. « L’IA doit être un outil digne de confiance pour l’humanité », a-t-il affirmé, en ajoutant que cette technologie devait toujours demeurer sous le contrôle des êtres humains.
Sans nommer directement les États-Unis, Xi Jinping a également critiqué les gouvernements qui élargissent la notion de sécurité nationale afin de limiter l’accès aux technologies. Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par les restrictions américaines sur l’exportation vers la Chine de certaines puces et de technologies avancées.
Le dirigeant chinois a aussi insisté sur la protection de la diversité culturelle. Selon lui, le développement de l’IA ne devrait pas effacer les particularités des différentes civilisations ni imposer les valeurs d’un seul pays. Les technologies devraient plutôt servir à améliorer la compréhension, les échanges et la tolérance entre les peuples.
Son quatrième principe concerne la gouvernance mondiale. Xi Jinping souhaite que les Nations unies jouent un rôle central dans l’harmonisation des stratégies nationales, des normes techniques et des règles encadrant l’intelligence artificielle. Il a également demandé une aide accrue aux pays du Sud afin de réduire les écarts numériques et technologiques.
Le président chinois a annoncé que son pays offrirait, au cours des cinq prochaines années, 5 000 places dans des programmes de formation et des séminaires consacrés à l’intelligence artificielle. Des centres internationaux de coopération doivent aussi être créés avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, la Ligue des États arabes, l’Union africaine, les pays d’Amérique latine et des Caraïbes, l’Organisation de coopération de Shanghai et les BRICS.
La Chine prévoit également d’aider 30 pays à utiliser MAZU, un système d’alerte météorologique précoce exploitant l’intelligence artificielle. Le gouvernement chinois n’a toutefois pas précisé le budget, le calendrier détaillé ni les pays qui bénéficieront de cette initiative.
Xi Jinping a par ailleurs annoncé la création à Shanghai de la World Artificial Intelligence Cooperation Organization, ou WAICO. Cette nouvelle organisation doit soutenir la coopération internationale, le renforcement des capacités technologiques et l’élaboration de règles communes sur l’intelligence artificielle. « Le développement de l’IA ne devrait pas être une prestation solo d’un seul pays, mais une symphonie de coopération internationale », a résumé Xi Jinping. Cette nouvelle structure pourrait permettre à Pékin d’accroître son influence auprès des pays en développement et de proposer une solution de rechange aux initiatives occidentales de gouvernance technologique.
Le message chinois repose cependant sur deux objectifs qui peuvent parfois entrer en tension. Pékin souhaite promouvoir une IA ouverte, accessible et partagée, tout en réclamant qu’elle demeure contrôlable et soumise à une surveillance étroite.
Le discours marque surtout la volonté de la Chine de ne plus seulement participer aux discussions internationales sur l’intelligence artificielle, mais de contribuer directement à la création des institutions, des normes et des priorités qui encadreront son développement mondial.
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Un excellent texte avec une guerre de titans qui s’annonce féroce. Merci beaucoup et bonne soirée