
L’intelligence artificielle ne sert plus seulement à rédiger des courriels, résumer des documents ou organiser un voyage. Elle trouve aussi sa place dans les relations amoureuses et la vie intime. C’est le constat dressé par LELO dans son rapport Futurist 2026, réalisé avec la futurologue britannique Tracey Follows.
Selon une enquête internationale commandée par l’entreprise, 60 % des personnes interrogées disent utiliser ou avoir déjà utilisé l’IA dans le contexte de leur vie intime. Le rapport cherche notamment à comprendre les liens entre le bien-être sexuel, les technologies numériques et l’évolution des comportements humains.
Les usages restent principalement liés à l’accompagnement et à la communication. Parmi les répondants, 36 % disent consulter une IA pour obtenir des conseils, 28 % l’utilisent pour gagner en confiance et 22 % s’en servent comme source d’inspiration pour des fantaisies ou des jeux de rôle.
Aux États-Unis, 16 % des personnes sondées affirment avoir utilisé l’IA pour régler un conflit avec leur partenaire. Près d’une personne sur cinq, soit 18 %, reconnaît avoir présenté un message généré par une IA comme si elle l’avait écrit elle-même. Enfin, 15 % ont demandé à un outil d’IA de préparer l’itinéraire d’une soirée romantique.
Cette présence croissante ne signifie toutefois pas que les utilisateurs accordent une confiance absolue à ces systèmes. Le rapport indique que 29 % des répondants adoptent une attitude critique devant les réponses fournies par l’IA sur les questions amoureuses. Treize pour cent considèrent également que certaines sources utilisées par les systèmes d’IA peuvent être nuisibles.
Pour Tracey Follows, cette automatisation progressive des relations pourrait provoquer un mouvement inverse. Plus les échanges numériques deviendront faciles, personnalisés et prévisibles, plus les expériences humaines directes gagneront en valeur.
« À mesure que l’IA rend les connexions plus accessibles, l’expérience analogique devient de plus en plus précieuse », affirme-t-elle. Selon la futurologue, le nouveau luxe ne reposera pas nécessairement sur une technologie plus avancée, mais sur la possibilité de bénéficier d’une présence humaine intime, physique et authentique.
Ce mouvement ne prendrait pas la forme d’un rejet complet de la technologie. Il pourrait plutôt se traduire par la création de zones volontairement déconnectées, comme des chambres sans téléphone, des rencontres organisées hors ligne ou des espaces privés valorisant une interaction moins médiatisée.
Le rapport évoque ainsi un « contre-courant analogique ». Dans un monde où les robots conversationnels, les compagnons numériques et les expériences personnalisées deviennent accessibles en permanence, l’attention spontanée d’un autre être humain pourrait devenir une ressource rare.
Les résultats doivent néanmoins être replacés dans leur contexte. LELO est une entreprise spécialisée dans les produits de bien-être sexuel et le document présente ses propres projections. Le principal sondage a été mené par Censuswide auprès de 1 000 adultes âgés de 18 à 45 ans, au Royaume-Uni, aux États-Unis, en France, en Espagne et en Suède, entre le 3 et le 13 octobre 2025. Les données américaines proviennent d’une autre étude réalisée auprès de 2 000 personnes en couple, réparties également entre quatre générations.
La principale conclusion de LELO est que l’intelligence artificielle pourra accompagner, conseiller et parfois faciliter les relations, mais qu’elle ne remplacera pas entièrement le besoin d’un contact humain réel. Plus la technologie occupera de place dans l’intimité, plus les échanges imprévus, imparfaits et authentiques pourraient devenir précieux.
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