Le Kodak EC35 veut rendre la photographie argentique accessible à tous

La photographie argentique poursuit son retour avec un nouvel appareil qui mise presque entièrement sur la simplicité et le prix. Le Kodak EC35 est un appareil réutilisable utilisant des pellicules 35 mm, vendu 71 $ au Canada.

Malgré le nom Kodak inscrit sur son boîtier, l’appareil n’est pas directement fabriqué par Eastman Kodak. Il est conçu et commercialisé par RETO Production Limited, une entreprise de Hong Kong qui exploite la marque Kodak sous licence pour certains appareils photographiques grand public. RETO est déjà derrière les Kodak Ektar H35, Snapic A1 et Charmera.

Le EC35 s’adresse clairement aux personnes qui souhaitent découvrir la photographie argentique sans apprendre à régler l’ouverture, la vitesse d’obturation ou la mise au point. Il possède un objectif grand-angle de 25 mm en acrylique, une ouverture fixe de f/10 et une vitesse d’obturation unique de 1/100 de seconde. La mise au point est également fixe. Aucun réglage manuel n’est proposé.

Cette fiche technique rapproche davantage le EC35 d’un appareil jetable que d’un compact argentique perfectionné. La principale différence est qu’il peut être rechargé avec une nouvelle pellicule après chaque utilisation. Le film doit toutefois être avancé et rembobiné manuellement, contrairement au Kodak Snapic A1, plus cher, qui automatise ces opérations et propose notamment deux zones de mise au point ainsi qu’un mode de double exposition.

Le flash est intégré au boîtier et fonctionne avec une pile AA. Son utilisation sera particulièrement importante à l’intérieur ou lorsque la lumière est faible, puisque l’ouverture fixe à f/10 laisse entrer relativement peu de lumière. À l’extérieur, l’appareil devrait donner ses meilleurs résultats en plein jour avec une pellicule suffisamment sensible, comme une Kodak Ultramax 400. RETO propose d’ailleurs un ensemble comprenant une pellicule Ultramax 400 de 24 poses.

Le fabricant a surtout travaillé l’apparence du produit. Un panneau coulissant protège l’objectif et verrouille l’appareil lorsqu’il est fermé. Le mécanisme rappelle certains compacts populaires des années 1990, notamment les Olympus Stylus, aussi connus sous le nom de Mju dans plusieurs marchés. Le EC35 est offert en sept couleurs : noir minuit, blanc vanille, jaune beurre, lavande, bleu poudre, rose pâle et vert avocat.

Avec un poids d’environ 102 grammes et une épaisseur inférieure à 42 millimètres, le EC35 peut facilement être transporté dans une poche ou un petit sac. Son objectif de 25 mm offre un champ de vision assez large, adapté aux scènes de rue, aux voyages et aux photos de groupe. En revanche, l’objectif en plastique, l’absence de mise au point réglable et l’exposition fixe limiteront la netteté et la régularité des résultats. Les variations, les imperfections et le rendu imprévisible feront probablement partie de l’expérience recherchée.

Le prix de l’appareil ne représente toutefois qu’une partie du coût réel. Il faut aussi acheter la pellicule, payer son développement et, dans la plupart des cas, sa numérisation. Par exemple, le prix d’une pellicule Kodak Gold de 36 poses varie considérablement selon le détaillant, passant de 15,99 $ chez Gosselin Photo à 52 $ chez Walmart. Quant au développement, il coûte environ 13 $ seul et en moyenne, autour de 20 $ avec numérisation.

L’appareil arrive dans un marché où plusieurs fabricants cherchent à profiter du regain d’intérêt pour la photographie analogique. Kodak et RETO proposent déjà les Ektar H35 et H35N au format demi-image, qui permettent de doubler le nombre de photos sur une pellicule. Lomography vient également de présenter un appareil réutilisable demi-image vendu dans une gamme de prix comparable.

Le Kodak EC35 ne cherche donc pas à remplacer les anciens compacts argentiques haut de gamme ni à satisfaire les photographes qui souhaitent contrôler précisément leurs images. Il mise plutôt sur un fonctionnement immédiat, un design coloré et un prix suffisamment bas pour attirer les curieux, les jeunes utilisateurs et les amateurs du rendu des appareils jetables.

+++++++

+++++++

Du lundi au vendredi, Bruno Guglielminetti vous propose un regard sur l’essentiel de l’actualité numérique avec 120 secondes de Tech.

Ou encore…

Écoutez la plus récente édition de Mon Carnet,
le magazine hebdomadaire de l’actualité numérique.


En savoir plus sur Mon Carnet

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire