
Des conversations et des créations réalisées avec Claude apparaissent dans les résultats de recherche de Google, soulevant de nouvelles inquiétudes sur la confidentialité des échanges avec les robots conversationnels.
Selon une enquête publiée par 404 Media, des utilisateurs ont créé des liens publics permettant de partager leurs conversations avec Claude, sans nécessairement comprendre que ces pages pouvaient ensuite être découvertes par des internautes ne possédant pas le lien original.
Les contenus repérés comprendraient notamment des comptes rendus de réunions, des applications expérimentales développées avec Claude et un tableau de bord servant à analyser des données de facturation médicale. 404 Media rapporte également que certaines conversations auraient contenu des renseignements personnels, des identifiants de connexion, des clés d’API et même des clés associées à des portefeuilles de cryptomonnaies. Ces éléments n’ont toutefois pas pu être vérifiés indépendamment.
Claude permet à ses utilisateurs de créer une copie publique d’une conversation. Anthropic précise que les échanges sont privés par défaut, mais qu’après la création d’un lien de partage, toute personne qui possède cette adresse peut consulter les messages et les Artifacts inclus dans la conversation au moment du partage. Les messages ajoutés par la suite demeurent privés, sauf si la copie publique est actualisée.
Le problème vient de la différence entre un lien accessible au public et un lien véritablement privé. Un utilisateur peut croire qu’il partage simplement une conversation avec un collègue ou un ami. Mais si l’adresse est publiée sur un site Web, un forum ou un réseau social, les moteurs de recherche peuvent la découvrir et l’ajouter à leur index.
La recherche permettant de retrouver directement certaines conversations de Claude ne semblait plus produire de résultats au moment des vérifications de 404 Media. Une autre recherche ciblant les Artifacts publics fonctionnait cependant toujours. Ces créations peuvent prendre la forme d’applications, d’outils interactifs, de tableaux de bord ou de pages Web générées avec Claude.
Anthropic indique clairement que les Artifacts publiés par les utilisateurs des forfaits Free, Pro et Max sont accessibles à toute personne possédant leur lien, même sans compte Claude. Ils peuvent aussi être copiés et intégrés à d’autres sites. Les créations partagées dans les comptes Team et Enterprise restent pour leur part limitées aux membres de l’organisation.
Un incident comparable avait déjà touché Claude en 2025. Anthropic avait alors affirmé à Forbes qu’elle ne fournissait pas de répertoire de conversations partagées aux moteurs de recherche et qu’elle tentait d’empêcher l’exploration automatique de son site. L’entreprise expliquait que les pages indexées avaient généralement été liées depuis d’autres sites ou des publications sur les réseaux sociaux.
Les utilisateurs peuvent vérifier leurs partages dans les paramètres de Claude, sous Privacy, puis Shared chats. Une conversation peut être rendue privée en ouvrant le menu de partage et en modifiant sa visibilité de Public à Private. Cette opération désactive le lien direct, mais elle ne garantit pas que des copies n’ont pas déjà été enregistrées par un moteur de recherche, un service d’archivage ou un tiers.
Cet épisode rappelle une règle essentielle concernant les assistants d’intelligence artificielle : un lien de partage public doit être traité comme une publication sur le Web. Avant de le créer, il faut retirer les renseignements personnels, les documents confidentiels, les mots de passe, les clés d’accès et toute donnée professionnelle sensible.
Source : 404 Media
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