
La décision de Sony d’abandonner progressivement les jeux PlayStation sur disque pourrait avoir des conséquences qui dépassent largement la disparition des boîtes dans les magasins. Aux Pays-Bas, une poursuite collective accuse déjà l’entreprise japonaise d’abuser de sa position dominante dans la vente de jeux numériques. Et l’annonce récente de Sony vient donner un nouvel argument aux plaignants.
Le dossier est porté par Stichting Massaschade & Consument, une fondation néerlandaise de défense des consommateurs, dans le cadre de sa campagne Fair PlayStation. Elle accuse Sony de contrôler pratiquement toute la distribution numérique sur ses consoles puisque les jeux dématérialisés destinés à PlayStation doivent être achetés par l’intermédiaire du PlayStation Store. La fondation demande au tribunal d’ordonner à Sony de mettre fin aux pratiques qu’elle juge anticoncurrentielles et réclame une compensation pour les joueurs concernés.
La procédure n’est pas nouvelle. La fondation avait annoncé son action en février 2025 et Sony a officiellement été assignée en justice quelques mois plus tard. Une audience a notamment eu lieu devant le tribunal d’Utrecht le 29 juin 2026 afin d’examiner des questions de compétence, de droit applicable et de recevabilité de l’action collective. La procédure est donc toujours en cours et aucun tribunal n’a encore conclu que Sony avait enfreint les règles de concurrence.
Au cœur du dossier se trouve ce que l’organisation appelle la « Sony Tax ». Une étude économique indépendante commandée par la fondation a comparé les prix de près d’une centaine de jeux PS4 et PS5 parmi les meilleures ventes. Selon cette analyse, les versions numériques auraient été, en moyenne, 47 % plus chères que leurs équivalents physiques proposant le même contenu. Ce chiffre constitue toutefois un élément présenté par les plaignants et n’a pas encore été validé par un tribunal.
La situation prend une nouvelle dimension depuis que Sony a annoncé, le 1er juillet, qu’il cessera de produire des disques physiques pour tous les nouveaux jeux PlayStation à compter de janvier 2028. Les titres déjà commercialisés ou dont une version sur disque est prévue avant cette date ne seront pas touchés. Les nouveaux jeux seront ensuite distribués sous forme numérique, soit directement dans le PlayStation Store, soit par l’intermédiaire de détaillants vendant des versions numériques.
Sony justifie cette décision par l’évolution des habitudes des joueurs. Les téléchargements numériques représentaient environ 80 % de ses ventes de jeux complets durant son exercice financier 2025, selon les données rapportées par Reuters.
Pour les plaignants néerlandais, le problème est que le disque constitue actuellement l’une des rares formes de concurrence au PlayStation Store. Les détaillants peuvent vendre les jeux physiques à des prix différents et les consommateurs peuvent également acheter ou revendre des exemplaires d’occasion. La disparition des nouveaux jeux sur disque éliminerait progressivement ces possibilités.
La fondation soutient qu’à partir de 2028 Sony disposerait ainsi d’un contrôle encore plus important sur l’écosystème PlayStation numérique. L’entreprise répond pour sa part que les nouveaux jeux pourront toujours être achetés sous forme numérique auprès de détaillants, en plus du PlayStation Store.
Le dossier vient maintenant de recevoir le soutien de Stop Killing Games et de Does It Play?, deux organisations qui militent notamment pour la préservation des jeux vidéo et les droits des consommateurs. Le 10 août, elles ont appelé les joueurs néerlandais à se joindre à l’action afin d’aider la fondation à démontrer devant le tribunal qu’elle représente un nombre important d’utilisateurs de PlayStation.
L’affaire pourrait devenir un test important pour les consoles de jeux entièrement numériques. Sur ordinateur, plusieurs plateformes comme Steam, Epic Games Store et GOG se disputent les joueurs. Sur console, le propriétaire de la plateforme exerce généralement un contrôle beaucoup plus étroit sur la distribution numérique.
À ce stade, Sony n’a toutefois pas été reconnu coupable d’abus de position dominante. La question qui devra être tranchée par la justice néerlandaise est précisément de savoir si le contrôle exercé par Sony sur son magasin numérique constitue une pratique commerciale légitime ou une restriction de concurrence qui pénalise les consommateurs.
Source : massaschade consument
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Un excellent texte mais difficile à comprendre. Merci beaucoup et bonne soirée