
Si vous avez comme moi l’impression d’avoir déjà lu la nécrologie de Columbia House à plusieurs reprises, vous n’avez pas rêvé. Le célèbre club de vente par correspondance, associé dans la mémoire collective aux disques, cassettes et CD proposés pour quelques sous, est de nouveau présenté comme étant sur le point de fermer.
Pourtant, sa disparition avait déjà été annoncée autour de 2009, puis une nouvelle fois en 2015. Alors, qui dit vrai? En fait, ces différentes dates correspondent à des étapes distinctes de l’histoire de Columbia House.
La première grande rupture survient en 2009. À cette époque, ce n’est pas Columbia House dans son ensemble qui disparaît, mais essentiellement son activité historique de vente de musique par correspondance aux États-Unis.
Columbia House avait été rachetée en 2005 par son grand concurrent BMG Direct Marketing. En 2008, l’ensemble est passé sous le contrôle de Najafi Companies et a pris le nom de Direct Brands. Les activités de vente de musique par correspondance ont ensuite été abandonnées en 2009. Columbia House a toutefois continué à fonctionner comme club de vente de DVD et de Blu-ray.
C’est ce détail qui explique une bonne partie de la confusion actuelle. Pour les consommateurs qui associaient Columbia House aux fameux clubs de disques et de CD, l’entreprise avait effectivement pratiquement disparu. Mais la marque Columbia House continuait d’être utilisée pour vendre des films.
Au Canada, l’histoire se termine un peu plus tard. La branche canadienne de Columbia House a cessé ses activités en décembre 2010. Billboard rapportait alors la fermeture des activités canadiennes, tandis que les opérations américaines continuaient.
Puis arrive 2015.
Cette fois, les difficultés financières sont majeures. Filmed Entertainment Inc., la société qui exploitait alors Columbia House, se place sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. L’entreprise annonce également son intention de vendre les activités du Columbia House DVD Club.
Les chiffres montrent à quel point l’entreprise avait décliné. Columbia House avait généré environ 1,4 milliard de dollars américains de revenus en 1996. En 2014, ses revenus n’étaient plus que de 17 millions de dollars.
Mais une faillite sous le chapitre 11 ne signifie pas nécessairement la disparition immédiate d’une entreprise ou d’une marque. Les actifs de Columbia House ont été vendus et l’activité a pu continuer sous une nouvelle structure.
Quelques mois plus tard, le propriétaire John Lippman envisageait même de relancer Columbia House sous la forme d’un service d’abonnement consacré aux disques vinyles. Le projet illustrait une nouvelle tentative de faire vivre la marque malgré la disparition de son modèle économique historique.
Et nous arrivons maintenant à 2026.
Depuis quelques jours, plusieurs médias annoncent que Columbia House ferme définitivement après 71 ans d’existence. Pitchfork, People et d’autres publications ont repris la nouvelle. Mais le message publié directement sur le site de Columbia House mérite d’être lu attentivement.
L’entreprise indique qu’après le 15 septembre 2026, elle n’acceptera plus de nouvelles commandes. Elle ajoute cependant que les clients pourront toujours acheter des livres avec leurs crédits ou leur carte de crédit.
Le site est toujours exploité en août 2026 par Edge Line Ventures LLC et précise que Columbia House est une marque déposée utilisée sous licence. Des DVD et Blu-ray sont toujours proposés dans son catalogue. Il faut donc être prudent avec l’expression « fermeture définitive ».
La chronologie permet finalement de résoudre le mystère.
En 2009, l’activité historique de vente de musique par correspondance disparaît aux États-Unis.
En décembre 2010, les activités canadiennes de Columbia House cessent.
En 2015, Filmed Entertainment, alors exploitant de Columbia House, se place sous la protection du chapitre 11 et les actifs du club sont mis en vente.
En 2026, l’exploitant actuel annonce qu’il n’acceptera plus de nouvelles commandes après le 15 septembre, tout en précisant que certains achats de livres resteront possibles.
Columbia House n’est donc pas réellement « morte » trois fois. Ce sont différentes composantes de son activité, différentes sociétés exploitantes et différents modèles commerciaux qui ont successivement disparu. C’est aussi ce qui explique les manchettes contradictoires. Columbia House est devenue au fil des ans davantage une marque survivante qu’une entreprise ressemblant encore au gigantesque club musical dont des millions de consommateurs se souviennent.
Et cette fois-ci, la fin semble beaucoup plus proche. Mais, en toute rigueur, l’avis officiel actuellement disponible ne permet pas encore d’affirmer que le nom Columbia House disparaîtra complètement le 15 septembre.
Sources : columbia house, latimes, billboard
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