
Anthropic lance Claude Fable 5.1 et Claude Mythos 5.1, deux versions d’un même modèle d’intelligence artificielle conçues pour le développement logiciel, la recherche et les tâches professionnelles complexes. Leur principale différence ne repose pas sur leurs capacités, mais sur les mesures de protection qui encadrent leur utilisation.
Pour le grand public et les entreprises, le modèle à retenir est Claude Fable 5.1. Contrairement à Mythos 5.1, réservé à des chercheurs et à des spécialistes approuvés, Fable 5.1 est offert sans procédure de sélection particulière. Il est accessible dès maintenant dans les applications Claude, Claude Code et Claude Cowork, ainsi que par l’API d’Anthropic, Amazon Web Services, Google Cloud et Microsoft Azure.
Cette disponibilité générale ne signifie toutefois pas nécessairement que tous les utilisateurs du forfait gratuit de Claude peuvent l’utiliser sans limites. Anthropic présente Fable 5.1 comme son modèle le plus puissant offert au public, mais l’accès et les quotas peuvent varier selon les abonnements et les plateformes. Pour les développeurs, son utilisation demeure facturée à la consommation.
Fable 5.1 vise surtout les travaux qui s’étendent sur plusieurs étapes ou plusieurs heures. Le modèle peut analyser un vaste projet logiciel, utiliser des outils, vérifier ses propres résultats et poursuivre une tâche avec moins d’interventions humaines. Il dispose d’une fenêtre contextuelle pouvant atteindre un million de jetons et peut générer jusqu’à 128 000 jetons dans une réponse.
Selon les évaluations publiées par Anthropic, Fable 5.1 obtient 55,8 % au test de programmation autonome Terminal-Bench 4.0, contre 42 % pour Fable 5. Sur AutomationBench, qui mesure l’exécution de processus professionnels, son résultat passe de 17,1 % à 31,4 %. Il atteint également 73,4 % sur CursorBench 3.2, devant Fable 5, Opus 5 et GPT-5.6 Sol dans les résultats présentés par l’entreprise.
Ces comparaisons doivent être interprétées avec prudence. Elles ont été réalisées ou compilées par Anthropic, parfois avec des méthodes et des mécanismes de sécurité propres à chaque modèle. Elles indiquent une progression, mais ne remplacent pas des évaluations indépendantes menées dans des conditions identiques.
Anthropic affirme aussi avoir amélioré la capacité du modèle à chercher la cause réelle d’un problème plutôt qu’à appliquer une correction superficielle. Durant les essais, Fable 5.1 aurait notamment identifié l’origine d’une panne très rare dans un système de la firme d’investissement Millennium, un problème que ses ingénieurs tentaient d’expliquer depuis plusieurs années.
Le modèle est également présenté comme plus performant pour rédiger des documents, analyser des données financières, produire des présentations et effectuer des recherches comportant plusieurs étapes. Des partenaires comme Canva, MongoDB, Red Hat, Shopify et Datadog rapportent des progrès dans leurs propres essais, mais ces témoignages ont été sélectionnés et publiés par Anthropic.
Fable 5.1 conserve un tarif de 10 dollars américains par million de jetons en entrée et de 50 dollars par million en sortie. Anthropic réduit cependant de 75 % le prix de lecture des données déjà placées en mémoire cache, qui passe à 0,25 dollar par million de jetons. L’entreprise estime que cette modification abaissera la facture d’environ 25 % pour un usage typique et jusqu’à 45 % pour certains processus autonomes qui réutilisent fréquemment le même contexte.
L’entreprise assouplit également certaines protections qui avaient provoqué des blocages injustifiés avec Fable 5. Le nouveau modèle peut maintenant rechercher des vulnérabilités dans du code source, mais il refuse toujours la création d’outils d’exploitation et certaines formes de tests d’intrusion. Anthropic estime que ses mécanismes de cybersécurité devraient intervenir environ 60 % moins souvent lors de demandes légitimes. En biologie et pour les questions médicales élémentaires, les faux positifs auraient diminué de 85 % par rapport aux protections initiales de Fable 5.
Pour les entreprises, Anthropic annonce également Enterprise Frontier Safeguards, un système qui conservera les données dans l’infrastructure infonuagique contrôlée par le client. Son déploiement doit commencer à l’automne. Les organisations admissibles pourront ainsi profiter d’un fonctionnement comparable à une politique de conservation nulle, alors que Fable 5 imposait auparavant une conservation de 30 jours pour la surveillance des risques.
Mythos 5.1 utilise le même modèle de base, mais avec des restrictions moins importantes en cybersécurité et en sciences de la vie. Son accès demeure limité à des organisations vérifiées, principalement aux États-Unis. Anthropic prévoit éventuellement élargir ses programmes à des chercheurs internationaux, sans fournir d’échéancier précis.
Avec Fable 5.1, Anthropic cherche donc à rendre ses capacités les plus avancées utilisables par un public beaucoup plus large, tout en conservant une version contrôlée pour les domaines les plus sensibles. Pour la majorité des utilisateurs, l’intérêt immédiat se trouve moins dans Mythos que dans l’arrivée d’un modèle de très haut niveau accessible sans approbation spéciale, mieux adapté aux longues tâches et potentiellement moins coûteux à exploiter.
Source : Anthropic
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