
Montréal devient pour deux jours le carrefour de l’intelligence artificielle au Canada. La quatrième édition de ALL IN s’ouvre aujourd’hui au Palais des congrès de Montréal, avec une programmation qui témoigne de l’évolution rapide du secteur. Après plusieurs années dominées par les modèles génératifs, l’attention se déplace maintenant vers leur adoption dans les entreprises, les infrastructures nécessaires pour les faire fonctionner et la souveraineté technologique.
Les organisateurs s’attendent à accueillir plus de 9 000 participants provenant de plus de 40 pays ainsi que plus de 260 conférenciers les 16 et 17 septembre. À titre de comparaison, l’édition 2025 avait attiré plus de 6 500 personnes provenant d’une quarantaine de pays. ALL IN, événement lancé par Scale AI, en est à sa quatrième édition.
La programmation 2026 s’articule autour de cinq grands thèmes : l’IA et la société, l’IA appliquée et la transformation des entreprises, les nouvelles frontières de l’IA, les données et les infrastructures, ainsi que l’IA physique et la robotique. Cette dernière catégorie prend une place croissante alors que l’intelligence artificielle commence à sortir des écrans pour être intégrée aux robots, aux systèmes industriels et aux environnements physiques.
Plusieurs figures importantes du secteur sont attendues à Montréal, notamment Yoshua Bengio, le cofondateur et PDG de Cohere Aidan Gomez, la cheffe de l’IA de Cohere Joëlle Pineau, la dirigeante de Mistral Marjorie Janiewicz, la responsable de Google DeepMind Tulsee Doshi, ainsi que des représentants d’OpenAI, NVIDIA, Mozilla et Aleph Alpha. Le directeur scientifique de Mila, Hugo Larochelle, figure également à la programmation.
L’un des fils conducteurs de cette édition sera le passage de l’expérimentation à l’utilisation concrète de l’IA. Les entreprises ne cherchent plus seulement à comprendre les modèles génératifs. Elles tentent maintenant de les intégrer à leurs opérations, d’automatiser certaines tâches et de déterminer où les agents d’IA peuvent produire des gains mesurables. Une conférence réunissant notamment CIBC, Kinaxis et Langfuse abordera précisément le passage des agents autonomes des projets pilotes à la production.
Les infrastructures occupent également une place centrale. Une discussion réunira des responsables d’Hypertec, TELUS, Nokia Bell Labs et NVIDIA autour de la nouvelle course aux infrastructures d’IA. Capacité de calcul, approvisionnement énergétique, centres de données, résilience et souveraineté numérique font désormais partie des enjeux stratégiques liés au développement de l’intelligence artificielle.
Cette question de souveraineté sera d’autant plus présente que l’Allemagne est le pays à l’honneur de ALL IN 2026. Une délégation de plus de 50 représentants allemands doit notamment présenter des technologies liées à la fabrication avancée, à l’automatisation, à l’IA physique et à l’industrie 4.0. Le choix de l’Allemagne s’inscrit dans un rapprochement plus large entre Ottawa et Berlin autour de l’intelligence artificielle et des technologies souveraines.
Le ministre canadien de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique, Evan Solomon, doit d’ailleurs ouvrir l’événement ce matin aux côtés du ministre allemand de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’État, Karsten Wildberger. À 11 h, les deux ministres doivent participer à une annonce avec Yoshua Bengio. Le gouvernement fédéral n’a pas encore rendu publique la nature précise de cette annonce.
ALL IN veut également servir de vitrine commerciale à l’écosystème canadien. Cent jeunes entreprises canadiennes spécialisées en IA ont été retenues cette année pour la zone des startups, parmi plus de 330 candidatures. L’objectif est autant de présenter les technologies développées au pays que de provoquer des rencontres avec des investisseurs, de grandes entreprises et des partenaires internationaux.
L’édition 2026 arrive ainsi à un moment charnière pour l’industrie. Le débat ne porte plus uniquement sur la puissance des nouveaux modèles. Il concerne désormais leur déploiement dans l’économie réelle, le contrôle des données et des infrastructures, l’énergie nécessaire au calcul et la capacité des entreprises canadiennes à transformer l’expertise scientifique du pays en produits et en entreprises capables de se mesurer aux grands acteurs internationaux.
Pendant deux jours, Montréal sera au centre de cette conversation.
Source : All In
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