
Le Comité international olympique vient de publier son premier référentiel consacré à une intelligence artificielle digne de confiance. L’objectif consiste à offrir aux fédérations internationales, aux comités olympiques, aux organisateurs, aux athlètes et aux partenaires technologiques une méthode commune pour évaluer les usages de l’IA dans le sport. Le document, rendu public le 28 septembre, prolonge l’Agenda olympique pour l’IA présenté en 2024.
L’IA occupe déjà une place grandissante dans la préparation des athlètes, l’analyse des performances, l’arbitrage, la planification des compétitions, la production de contenu et l’expérience offerte aux partisans. Ces applications peuvent améliorer le fonctionnement du sport, mais elles peuvent aussi compromettre la confidentialité des données, reproduire des biais, influencer une décision ou fragiliser la confiance dans les résultats.
Le CIO organise son référentiel autour de sept principes : assurer la sécurité des systèmes, protéger les renseignements personnels, garantir leur robustesse, expliquer clairement leur utilisation, établir des responsabilités précises, préserver l’équité et tenir compte de leur impact environnemental.
Pour appliquer ces principes, les organisations pourront utiliser une liste de contrôle en trois étapes. Elles devront d’abord évaluer les risques inhérents à chaque système, notamment les possibilités de préjudices physiques ou psychologiques, l’utilisation de données sensibles et les conséquences sur des activités essentielles.
Elles devront ensuite répondre à environ 70 questions portant sur les mesures de sécurité, la qualité des données, la transparence, la supervision humaine, les biais, la responsabilité et la durabilité. L’outil attribuera différentes évaluations et produira des recommandations adaptées au projet, accompagnées de ressources et de suggestions sur les personnes à consulter.
Un système pourra être classé à risque faible, modéré ou élevé. Une cote élevée n’entraînera toutefois pas automatiquement son rejet. Le CIO reconnaît que plusieurs applications destinées aux athlètes peuvent présenter un risque important simplement parce qu’elles traitent des renseignements personnels sensibles. Cette cote devra plutôt déclencher un examen approfondi, des contrôles plus rigoureux et, au besoin, une stratégie de réduction des risques.
Le cadre demande notamment aux organisations d’effectuer régulièrement des évaluations de sécurité, de vérifier la documentation de leurs fournisseurs, de prévoir des mécanismes pour interrompre ou contourner un système défaillant et de confier les décisions importantes à des personnes qualifiées. Il recommande également d’informer les athlètes, les officiels, les employés et les partisans lorsqu’ils interagissent avec une IA ou lorsque leurs données sont utilisées.
La protection de l’intégrité sportive demeure au cœur de la démarche. Les outils employés pour analyser les performances ou soutenir une décision durant une compétition devront être suffisamment fiables, testés dans des conditions réelles et soumis à une supervision humaine appropriée. Les modèles et leurs données devront aussi être évalués afin d’éviter qu’ils procurent un avantage injuste ou qu’ils discriminent certains groupes.
Le référentiel a été élaboré avec le soutien de Deloitte et la participation de plus de 200 dirigeants du Mouvement olympique, ainsi que d’athlètes et de spécialistes de la technologie, de la gouvernance et du sport. Selon le CIO, les organisations devront réévaluer régulièrement leurs projets et le cadre sera lui-même mis à jour pour suivre l’évolution de l’IA et de la réglementation.
La portée de l’initiative comporte néanmoins une limite importante. Il s’agit d’un cadre volontaire et d’un outil d’auto-évaluation, et non d’une réglementation contraignante ou d’un mécanisme de certification. Le document précise également que son respect ne garantit pas la conformité aux lois. La responsabilité juridique et opérationnelle demeure donc entre les mains des organisations qui conçoivent, achètent ou utilisent les systèmes.
Le CIO propose ainsi une base commune pour encadrer l’IA dans le sport, mais son efficacité dépendra de la façon dont les organisations appliqueront les recommandations, documenteront leurs décisions et interviendront lorsqu’un système présentera un risque pour les athlètes ou l’équité des compétitions.
Source : Comité international olympique
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