La série Antigang passe à Android pour éviter les contraintes d’Apple

Les téléspectateurs attentifs d’Antigang auront peut-être remarqué un détail étonnant : les iPhone ont pratiquement disparu de la série de Radio-Canada. Policiers, criminels et autres personnages utilisent désormais surtout des téléphones Android, notamment des appareils Samsung. Ce choix n’est pas anodin. Selon un article d’Hugo Dumas publiée dans La Presse, la production a décidé de retirer les appareils Apple afin d’éviter les contraintes liées à leur utilisation à l’écran.

La décision est d’autant plus visible que l’iPhone domine largement le marché canadien. Selon Statcounter, Apple représentait 64,85 % du marché canadien des téléphones mobiles en septembre 2026, contre 23,44 % pour Samsung et 5,29 % pour Google. Du côté des systèmes d’exploitation mobiles, iOS comptait pour 64,87 % du marché, contre 35,13 % pour Android. L’omniprésence des téléphones Android dans Antigang ne reflète donc pas vraiment les habitudes des Canadiens.

Selon La Presse, le problème vient surtout des conditions associées à l’utilisation des produits et des marques d’Apple dans une production télévisuelle. Les exigences rapportées toucheraient notamment la façon de montrer le téléphone, son état, son utilisation par les personnages et le contexte dans lequel il apparaît. Dans une série où les intrigues tournent autour du crime organisé, du piratage, des gangs et des activités illégales, ces contraintes devenaient particulièrement difficiles à gérer. Aetios, qui produit Antigang, aurait donc choisi la solution la plus simple : retirer les iPhone du décor.

Apple encadre effectivement de très près l’utilisation commerciale de son image et de ses produits. Ses règles publiques précisent notamment que ses appareils doivent être montrés de façon fidèle, sans altération, et que l’utilisation de ses marques ne doit pas nuire à leur réputation. Dans ses directives destinées aux développeurs et aux partenaires, Apple demande aussi que les appareils soient présentés dans un contexte favorable et interdit certaines modifications visuelles, notamment l’ajout d’étuis dans certains matériels promotionnels officiels. Ces règles publiques ne permettent toutefois pas de vérifier indépendamment l’ensemble des clauses particulières concernant les productions télévisuelles rapportées par La Presse.

La situation illustre surtout un problème auquel les producteurs de fiction sont de plus en plus confrontés : un téléphone, une voiture ou une tasse de café visible à l’écran n’est plus nécessairement un simple accessoire. Les logos, interfaces et services numériques peuvent tous être protégés par des marques de commerce. Dans le cas d’Apple, cela englobe notamment l’iPhone et plusieurs éléments de son écosystème. Pour une série quotidienne tournée à un rythme rapide, vérifier à chaque scène si un appareil peut apparaître dans tel ou tel contexte peut devenir une contrainte de production importante.

Radio-Canada applique par ailleurs ses propres règles concernant la présence de marques dans ses émissions. Sa politique indique qu’une production ne doit pas devenir un véhicule de « publicité gratuite ou indirecte » et demande aux équipes d’atténuer la visibilité des marques lorsqu’aucune entente de placement de produit n’existe. Le guide destiné aux producteurs indépendants reprend le même principe et précise que les marques apparaissant au premier plan doivent faire l’objet d’une attention particulière.

Dans le cas d’Antigang, il ne s’agissait pas d’une commandite d’Apple ni d’un échange de matériel, rapporte La Presse. La décision d’abandonner les iPhone aurait été prise par Aetios elle-même et non à la suite d’une plainte d’Apple. L’anecdote montre néanmoins jusqu’où peut aller la gestion de l’image des grandes marques. Pour éviter de transformer chaque scène avec un téléphone en exercice juridique, la gang d’Antigang a donc trouvé une solution radicale : passer à Android.

Source : La Presse

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