OpenAI, Meta et Anthropic se disputent les nouvelles adresses Internet de l’ère de l’IA

La prochaine bataille de l’intelligence artificielle pourrait aussi se jouer dans les adresses Internet. Pour la première fois depuis 2012, l’ICANN, l’organisme responsable de la coordination des noms de domaine, a ouvert une nouvelle période de candidatures pour créer des extensions comme .com, .org ou .net. La liste dévoilée hier comprend 1 615 demandes provenant de 481 candidats. Et une tendance se démarque : les entreprises technologiques cherchent à s’approprier les extensions associées à l’intelligence artificielle, notamment .agent, .agi et .asi.

L’extension .agent suscite particulièrement les convoitises avec dix candidatures, notamment celles de Meta et d’OpenAI. Sept entreprises souhaitent obtenir .agi, une référence à l’intelligence artificielle générale, tandis que six convoitent .asi, une abréviation associée à la superintelligence artificielle. OpenAI figure parmi les candidats pour ces trois extensions. Quatre entreprises s’intéressent également à .intelligence, tandis que Meta fait partie des deux prétendants à .superintelligence. Ces nouvelles extensions pourraient devenir des adresses privilégiées pour les services et les agents d’intelligence artificielle qui se multiplient sur Internet.

Les géants technologiques ne se limitent cependant pas aux termes génériques. OpenAI a déposé quinze candidatures au total, notamment pour .chatgpt, .codex, .openai et .gpt. Meta en compte vingt et une, dont .facebook, .instagram, .messenger, .threads, .meta et .frommeta. De son côté, Anthropic souhaite obtenir .anthropic et .claude, tandis que Bluesky convoite .bsky. Ces extensions permettraient aux entreprises de créer des adresses personnalisées pour leurs produits, leurs services et éventuellement leurs identités numériques. Une adresse pourrait ainsi se terminer directement par .chatgpt ou .instagram plutôt que par une extension traditionnelle.

Cette nouvelle vague ne concerne pas uniquement l’intelligence artificielle. L’ICANN a recensé 333 candidatures liées à des marques, parmi lesquelles figurent notamment .applebees, .bankofamerica, .zillow et .zoom. D’autres propositions sont beaucoup plus générales, parfois même fantaisistes, comme .geek, .anime, .haha, .jackpot ou encore .itiswhatitis, une expression anglaise qu’on pourrait traduire par « c’est ça qui est ça ». L’objectif du programme est d’élargir les possibilités de nommage sur Internet en permettant à des entreprises, à des communautés et à des organisations de proposer leurs propres extensions.

Reste que le succès commercial de ces nouvelles extensions est loin d’être garanti. Lors de la précédente ouverture du programme, en 2012, plus de 1 200 nouvelles extensions avaient finalement été ajoutées au système mondial des noms de domaine. Certaines, comme .app, ont trouvé leur public, tandis que beaucoup d’autres sont demeurées relativement marginales. L’extension .ai, historiquement associée à Anguilla, est devenue particulièrement populaire avec l’essor de l’intelligence artificielle. Malgré cette diversification, les extensions traditionnelles comme .com conservent une place importante dans les habitudes des internautes.

Il faudra également départager les entreprises qui convoitent une même extension. L’ICANN prévoit plusieurs étapes d’évaluation, de contestation et de résolution des conflits avant de pouvoir autoriser l’exploitation de ces nouveaux domaines. Les candidats admissibles peuvent modifier certaines demandes jusqu’au 21 octobre, et la liste définitive des extensions proposées sera publiée le 17 novembre 2026. Les nouvelles adresses ne deviendront donc pas disponibles immédiatement, et les premières approbations ne sont pas attendues avant 2027. Une demande ne garantit d’ailleurs pas qu’une entreprise obtiendra l’extension souhaitée.

Au-delà de cette course aux noms, l’engouement pour les extensions liées à l’IA révèle une évolution dans la façon dont les entreprises envisagent leur présence numérique. Avec l’arrivée d’agents autonomes capables de naviguer sur Internet, de communiquer avec des services et d’effectuer des transactions, les noms de domaine pourraient devenir des éléments importants de l’identité et de la reconnaissance des plateformes. Les entreprises cherchent ainsi à protéger leurs marques, mais aussi à se positionner dans un environnement où l’intelligence artificielle pourrait occuper une place croissante. Même à l’ère des assistants conversationnels, posséder une adresse Internet distinctive demeure un enjeu stratégique.

Source: icann

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