
Un nouvel acteur fait son apparition dans le marché des assistants personnels propulsés par l’intelligence artificielle. Baptisée Tab, cette jeune entreprise américaine vient de sortir de sa période de développement confidentiel avec une valorisation annoncée de 300 millions de dollars américains. Son ambition est de proposer un assistant numérique capable de prendre en charge des tâches quotidiennes, de la réservation d’un restaurant à l’achat de cadeaux, en passant par le paiement de factures. Particularité de Tab : pas besoin d’apprendre à utiliser une nouvelle application, puisqu’il suffit de lui envoyer un message sur iMessage ou WhatsApp.
Fondée plus tôt cette année par Brennan Erbz, Stafford Schlitt et Ammar Amdani, l’entreprise mise sur une interaction aussi naturelle qu’une conversation avec un proche. L’utilisateur explique simplement ce dont il a besoin et Tab se charge des démarches. L’assistant peut notamment commander des produits d’épicerie, trouver des cadeaux d’anniversaire, organiser des déplacements ou communiquer avec des entreprises. L’idée est de ne plus se limiter aux recommandations et aux réponses générées par une IA, mais de confier à celle-ci l’exécution concrète de certaines tâches.
Pour y parvenir, Tab dispose de ses propres ressources numériques, notamment un numéro de téléphone, un environnement informatique et un portefeuille permettant de préparer des transactions. Cette infrastructure doit lui permettre de naviguer sur des sites, de communiquer avec des services et d’effectuer certaines démarches au nom de son utilisateur. Contrairement aux assistants conversationnels traditionnels, qui expliquent généralement comment accomplir une opération, Tab veut pouvoir s’en charger directement. Le service demeure toutefois en phase bêta privée, avec une liste d’attente accessible sur son site Web.
Cette arrivée survient alors que les assistants autonomes destinés au grand public attirent de plus en plus d’investissements. Des services comme Instinct ou Muse de Meta cherchent également à simplifier les activités personnelles en donnant davantage d’autonomie à l’intelligence artificielle. Tab bénéficie pour sa part du soutien d’investisseurs comme SV Angel, Valar Ventures et American Spirit. L’entreprise n’a cependant pas révélé le montant exact de son financement, ce qui signifie que sa valorisation de 300 millions de dollars ne doit pas être confondue avec une somme effectivement récoltée auprès des investisseurs.
La principale différence que Tab souhaite mettre de l’avant concerne la confiance. Lorsqu’une intelligence artificielle peut consulter des renseignements personnels, effectuer des appels et préparer des paiements, la sécurité devient un enjeu central. Ammar Amdani affirme que les données des utilisateurs ne servent pas à entraîner les modèles d’IA et que les informations bancaires sont conservées dans un environnement sécurisé auquel l’assistant n’a pas directement accès. Selon l’entreprise, les opérations sensibles nécessitent une autorisation explicite, tandis que les mécanismes de sécurité limitent l’accès aux renseignements nécessaires pour accomplir chaque tâche. Ces engagements sont décrits dans sa documentation, mais leur efficacité réelle devra être évaluée à l’usage.
Cette approche illustre un changement important dans l’évolution de l’intelligence artificielle grand public. Jusqu’à présent, les assistants numériques servaient principalement à rechercher de l’information, à rédiger du contenu ou à formuler des suggestions. La nouvelle génération d’agents cherche plutôt à intervenir directement dans la vie numérique des utilisateurs. Cette autonomie implique toutefois un niveau d’accès beaucoup plus élevé aux renseignements personnels, aux comptes et parfois aux moyens de paiement. Pour les entreprises qui développent ces technologies, le défi ne consiste donc plus uniquement à démontrer ce que leurs systèmes sont capables de faire, mais aussi à convaincre les consommateurs qu’ils peuvent leur déléguer certaines responsabilités sans perdre le contrôle.
Reste maintenant à savoir si Tab pourra transformer cette promesse en service fiable et accessible au grand public. Aucun tarif public n’a encore été annoncé et l’entreprise n’a pas précisé quel modèle d’intelligence artificielle alimente son assistant. Elle affirme se développer principalement grâce au bouche-à-oreille et prépare déjà un autre produit, dont les détails n’ont pas été dévoilés. Avec une valorisation de 300 millions de dollars avant même son déploiement à grande échelle, Tab témoigne de l’intérêt des investisseurs pour un marché où la prochaine grande bataille pourrait se jouer autour d’une question simple : jusqu’où sommes-nous prêts à laisser une intelligence artificielle agir à notre place ?
Sources : Tab, Techcrunch
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