Magasinage en ligne : l’IA séduit de plus en plus de Canadiens, surtout les jeunes

Alors qu’OpenAI permet désormais aux utilisateurs de faire des achats directement depuis son robot conversationnel ChatGPT, une étude menée par Novatize, en collaboration avec Léger, révèle un virage important dans les habitudes de consommation en ligne des Canadiens : l’intelligence artificielle devient un réflexe pour une partie croissante de la population, au détriment des moteurs de recherche classiques comme Google.

Selon ce sondage, 15 % des jeunes de 16 à 24 ans utilisent déjà une IA comme point de départ pour leurs recherches d’achats. Ce changement d’usage illustre une tendance lourde : en 2025, l’intelligence artificielle n’est plus perçue comme un gadget, mais comme un véritable outil de simplification du magasinage en ligne. Les assistants virtuels, les recommandations personnalisées et la comparaison automatisée de produits sont autant de fonctions plébiscitées.

Au-delà des usages ponctuels, l’intelligence artificielle s’impose comme un outil de personnalisation de plus en plus raffiné dans le commerce électronique. Grâce à l’analyse de données comportementales, les plateformes sont désormais capables d’adapter dynamiquement leurs recommandations selon les préférences, le contexte et même l’historique d’achat de chaque utilisateur. Pour les Canadiens déjà adeptes de l’IA dans leur parcours de magasinage, cette capacité à offrir des suggestions sur mesure représente un gain de temps précieux, mais aussi un facteur de satisfaction. Toutefois, ce ciblage personnalisé soulève des questions croissantes sur la gestion des données personnelles, poussant les consommateurs à exiger davantage de transparence.

Le rapport souligne que 43 % des Canadiens ont déjà expérimenté l’IA dans un contexte d’achat, alors qu’ils n’étaient que 35 % en 2023. De plus, la moitié de la population se montre aujourd’hui prête à l’adopter. Parmi les utilisateurs, 39 % ont utilisé des outils comme ChatGPT, Gemini ou Copilot pour les guider dans leurs décisions d’achat. Les fonctions les plus recherchées : la comparaison rapide entre produits (32 %), les suggestions adaptées (23 %) et la synthèse des avis clients (21 %).

Cette transformation s’inscrit également dans une nouvelle ère d’interactions avec les interfaces numériques. Les assistants vocaux et les robots conversationnels alimentés par l’IA changent la façon dont les clients formulent leurs recherches et passent à l’acte d’achat. Une simple commande vocale peut aujourd’hui suffire à lancer une recherche, valider une transaction ou obtenir un résumé d’avis clients. Cette fluidité dans l’expérience séduit particulièrement les jeunes adultes, qui valorisent la rapidité, la simplicité et l’accessibilité. Le magasinage devient ainsi conversationnel, personnalisé et instantané, réduisant les barrières techniques et les étapes de décision.

Toutefois, la réticence persiste : 50 % des répondants se disent peu enclins à utiliser l’IA pour magasiner. Parmi eux, 9 % ont déjà tenté l’expérience, mais ne souhaitent pas la répéter, tandis que 41 % ne l’ont jamais essayée et n’en voient pas l’intérêt.

L’étude met également en lumière un écart générationnel important. Chez les 18-34 ans, 57 % ont déjà eu recours à l’IA pour leurs achats, un taux qui tombe à 45 % chez les 35-54 ans, et à seulement 22 % chez les 55 ans et plus. Une tendance qui rappelle aux commerçants l’importance de penser à une offre numérique adaptée aux jeunes générations.

Mais cette révolution numérique ne va pas sans enjeux. Alors que l’IA influe sur les décisions d’achat, elle agit aussi comme filtre de la réalité commerciale, orientant les choix des utilisateurs selon des logiques algorithmiques parfois opaques. De plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer un encadrement éthique des outils d’IA utilisés dans le commerce, afin d’éviter les biais dans les recommandations et d’assurer un accès équitable à l’information. Pour les commerçants, cela signifie investir non seulement dans l’innovation technologique, mais aussi dans la confiance numérique, en clarifiant les mécanismes de l’IA et en offrant des options de contrôle aux consommateurs.

Alors que les plateformes d’IA évoluent à vive allure, les détaillants sont désormais confrontés à un défi : intégrer intelligemment ces outils à leurs stratégies de commerce électronique pour répondre aux attentes d’un consommateur toujours plus exigeant en matière de personnalisation et d’efficacité.

+++

Tous les jours de la semaine, du lundi au vendredi, Bruno Guglielminetti vous propose un regard sur l’essentiel de l’actualité numérique avec 120 secondes de tech.


En savoir plus sur Mon Carnet

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire