IA : la stratégie du mélange entre technologies ouvertes et fermées porte ses fruits

Depuis l’essor de Linux, l’open source s’est imposé comme un levier stratégique à la fois défensif et disruptif. IBM s’en était servi pour freiner la domination de Microsoft sur les serveurs, tandis que le logiciel libre menaçait directement les revenus du géant de Redmond.

Aujourd’hui, un scénario similaire se dessine dans l’intelligence artificielle. OpenAI a dévoilé cette semaine deux modèles open source, une première depuis 2019. Dans la foulée, Elon Musk a annoncé que xAI publierait également un modèle gratuit, certes moins récent que son produit phare. L’objectif : contrer la poussée des modèles ouverts venus de Chine, comme ceux de DeepSeek, qui rivalisent parfois avec les meilleures solutions commerciales.

Les acteurs américains misent sur un équilibre : préserver la place centrale de leurs modèles payants tout en proposant des alternatives ouvertes, souvent limitées aux fonctions de base. Les versions d’OpenAI, par exemple, se cantonnent au texte, et Musk prévoit de libérer une génération antérieure de sa technologie.

Cette approche présente aussi des avantages offensifs. Les modèles ouverts peuvent séduire des entreprises soucieuses de confidentialité, désireuses d’exécuter l’IA en interne. Meta illustre bien cette évolution : initialement défensif avec ses modèles Llama, Mark Zuckerberg envisage désormais de garder ses modèles les plus avancés fermés, dans le cadre d’un investissement massif en matériel et talents.

Selon Menlo Ventures, seuls un huitième des usages commerciaux de l’IA reposent sur des modèles ouverts. La plupart des clients privilégient les performances de pointe des solutions payantes, même lorsqu’ils combinent les deux approches.

Mais le risque structurel demeure : si des acteurs comme DeepSeek ou Alibaba continuent de combler l’écart, ou si le marché juge que les modèles “suffisants” gratuits répondent à ses besoins, la valeur des offres premium pourrait s’éroder. Dans un secteur où repousser la frontière technologique devient de plus en plus difficile, ce mélange d’ouvert et de fermé pourrait n’être qu’un répit stratégique.

Source : Financial Times

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