De plus en plus de jeunes tentent un mois sans téléphone intelligent

Un peu partout en Occident, des jeunes tentent la déconnexion et, aujourd’hui, l’AFP rapporte aux États-Unis l’émergence d’un petit mouvement chez de jeunes adultes lassés de la dépendance numérique. À Washington par exemple, des participants âgés de 20 à 35 ans ont troqué, pendant un mois, leur téléphone intelligent contre un simple téléphone à clapet, dans le cadre d’un programme de déconnexion.

L’expérience oblige à revoir des réflexes devenus automatiques. Plus de Google Maps pour se déplacer, plus d’Instagram pour tuer le temps à l’arrêt d’autobus, plus d’écouteurs en permanence. Pour plusieurs participants, le défi a d’abord créé un sentiment de vide, avant de devenir une forme de libération. L’un d’eux raconte avoir redécouvert le simple fait de s’ennuyer, sans chercher immédiatement à remplir chaque moment par un écran

Cette quête de sobriété numérique ne sort pas de nulle part. Le reportage rappelle que les chercheurs alertent depuis longtemps sur les effets d’un usage excessif du cellulaire, notamment sur l’attention, le sommeil et l’anxiété. Un chercheur de l’Université Georgetown affirme même qu’une pause de quelques semaines sans téléphone intelligent peut améliorer le bien-être et la capacité à maintenir son attention, avec des effets qui pourraient durer dans le temps

Le phénomène semble aussi s’inscrire dans un contexte plus large de remise en question des plateformes. Un sondage YouGov montrait déjà l’an dernier que plus des deux tiers des 18 à 29 ans souhaitaient réduire leur temps d’écran. À cela s’ajoute une multiplication des outils de détox numérique, des applications de blocage aux groupes communautaires, en passant par des soirées entre amis sans écran et des cures de médias sociaux sur les campus universitaires

Les organisateurs de ce type d’initiative insistent toutefois sur un point : retirer l’appareil ne suffit pas. Encore faut-il offrir autre chose. À Washington, le programme prévoit des rencontres hebdomadaires dans un bar karaoké pour recréer une vie sociale plus riche et plus présente. L’idée est simple : on ne rompt pas avec une habitude aussi envahissante sans remplacer le réflexe numérique par des activités concrètes, partagées et stimulantes

Le programme en question, lancé par la jeune entreprise Dumb.co, coûte environ 100 dollars par personne. En échange, les participants reçoivent un téléphone minimaliste comprenant seulement quelques fonctions jugées essentielles, comme les appels, les textos et Uber. L’objectif n’est donc pas de revenir à une vie hors réseau, mais plutôt de remettre le numérique à sa place, en limitant les sollicitations constantes qui accompagnent le téléphone intelligent moderne

Pour certains observateurs, cette tendance pourrait annoncer davantage qu’une simple mode passagère. Un professeur de Princeton y voit les premiers signes d’un véritable mouvement culturel, comparable aux débuts de la conscience environnementale dans les années 1960. Une participante, qui a depuis supprimé Instagram et lancé son propre groupe de sobriété numérique, dit avoir le sentiment d’assister au début de quelque chose de plus grand

Ce mois sans téléphone intelligent raconte peut-être moins un rejet de la technologie qu’un besoin de reprendre le contrôle. Après des années à optimiser chaque minute d’attention, une partie de la jeune génération semble vouloir réapprendre à marcher, attendre, écouter et se perdre un peu, sans qu’un écran ne vienne immédiatement combler le silence.

Source : Yahoo

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