
Le marché des antivirus n’a pas disparu, mais il change de nature. Selon l’étude 2026 de Cybernews sur les usages américains, les consommateurs continuent d’utiliser des outils de protection, mais ils s’appuient de plus en plus sur les mécanismes intégrés à leurs appareils, comme Microsoft Defender ou les protections natives d’Apple et de Google. Résultat : l’antivirus tiers n’est plus nécessairement le premier réflexe, surtout sur mobile.
L’écart entre ordinateur et téléphone intelligent est particulièrement marqué. Cybernews indique que 41 % des utilisateurs de PC recourent à un antivirus tiers, contre seulement 18 % des utilisateurs mobiles. Pourtant, 85 % des répondants utilisent un téléphone intelligent personnel hors du travail, ce qui en fait l’appareil dominant dans les usages quotidiens. Cette différence met en évidence un angle mort : les appareils les plus utilisés ne sont pas toujours les mieux protégés.
Les protections intégrées occupent désormais une place centrale. En 2026, 53 % des utilisateurs de PC et 51 % des utilisateurs mobiles américains disent compter principalement sur les outils de sécurité déjà fournis par leur système d’exploitation. Plusieurs répondants estiment que ces protections suffisent pour un usage courant, ou préfèrent éviter de payer pour un logiciel supplémentaire.
Cela ne signifie pas que les antivirus commerciaux disparaissent. Norton et McAfee demeurent les marques les plus utilisées parmi les solutions tierces. McAfee arrive en tête sur ordinateur, tandis que Norton domine légèrement sur mobile. Cybernews observe aussi que les utilisateurs qui choisissent un antivirus tiers privilégient majoritairement les versions payantes plutôt que les versions gratuites.
La cybersécurité personnelle devient aussi plus fragmentée. Les consommateurs ne se limitent plus à un seul logiciel : ils combinent antivirus, VPN, bloqueurs de publicité et gestionnaires de mots de passe. Cette approche par couches traduit une évolution importante du marché. L’antivirus reste présent, mais il devient une brique parmi d’autres dans une stratégie de protection plus large.
L’étude note également un recul de l’enthousiasme pour la détection des menaces par intelligence artificielle. L’opinion favorable envers ces fonctions serait passée de 77 % en 2025 à 47 % en 2026. Une partie des utilisateurs se montre plus prudente, notamment en raison des préoccupations entourant la vie privée et la confiance envers les fournisseurs.
Les craintes des consommateurs se concentrent surtout sur les fuites de données. Selon Cybernews, 36 % des répondants les considèrent comme leur principale menace en ligne, devant l’hameçonnage, les logiciels malveillants et les attaques ciblées. Les arnaques liées aux hypertrucages et aux formes plus avancées d’hameçonnage apparaissent aussi parmi les préoccupations montantes.
Le portrait qui se dégage est celui d’un marché moins centré sur l’antivirus classique et davantage orienté vers une sécurité intégrée, combinée et continue. Pour les éditeurs spécialisés, le défi sera de convaincre que leurs solutions ajoutent une vraie valeur au-delà des protections déjà incluses dans les appareils. Pour les utilisateurs, le message reste simple : le risque se déplace, et la protection du téléphone intelligent mérite désormais autant d’attention que celle de l’ordinateur.
Source : Cybernews
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