Meta prépare un assistant IA capable d’agir à la place des utilisateurs

Meta veut faire passer son intelligence artificielle à une nouvelle étape : non plus seulement répondre à des questions, mais agir concrètement pour ses utilisateurs. Le groupe de Mark Zuckerberg développerait un assistant IA personnalisé, capable d’exécuter des tâches quotidiennes pour les plus de trois milliards d’utilisateurs de ses plateformes. L’outil serait alimenté par un nouveau modèle interne, Muse Spark, et ferait déjà l’objet d’essais à l’intérieur de l’entreprise. Source : Hannah Murphy, Financial Times, publié hier.

L’objectif est ambitieux. Meta veut concevoir un assistant « agentique », c’est-à-dire un système capable de recevoir une consigne, de planifier une action et de l’exécuter avec une certaine autonomie. Ce type d’outil pourrait, par exemple, naviguer sur le web, gérer des courriels, organiser un calendrier ou aider à faire des achats en ligne. L’entreprise chercherait à proposer une version grand public plus simple et plus intégrée que les projets expérimentaux déjà utilisés par les développeurs.

Le modèle rappelle OpenClaw, un projet ouvert qui permet de créer des agents IA pour automatiser différentes tâches numériques. Meta aurait même tenté de recruter son fondateur, Peter Steinberger, avant que celui-ci ne rejoigne OpenAI. Mark Zuckerberg a reconnu récemment que ce type d’outil demeure encore trop complexe pour le grand public. Le pari de Meta consiste donc à transformer une technologie de niche en produit accessible à grande échelle.

Cette stratégie s’inscrit dans la vision plus large de Zuckerberg autour de la « superintelligence personnelle ». Meta ne veut pas seulement ajouter de l’IA à Facebook, Instagram, WhatsApp ou Messenger. Elle veut faire de l’IA une couche centrale de ses produits, capable d’accompagner l’utilisateur dans ses activités personnelles, sociales et commerciales. À terme, cela pourrait aussi ouvrir la voie à des agents pour les entreprises, notamment afin d’aider les entrepreneurs à trouver des clients ou à automatiser certaines interactions commerciales.

Mais cette ambition soulève immédiatement une question sensible : la confiance. Selon le Financial Times, Meta envisagerait de permettre aux utilisateurs de confier volontairement à ses assistants des informations très personnelles, incluant des données de santé ou financières. Pour une entreprise déjà critiquée à plusieurs reprises pour sa gestion des données personnelles, le défi est majeur. Un interlocuteur cité par le quotidien britannique parle même d’un déficit de confiance « aussi large que le Grand Canyon ».

Le risque n’est pas seulement théorique. Les agents IA capables d’agir au nom d’un utilisateur peuvent commettre des erreurs, mal interpréter une consigne ou effectuer des actions non souhaitées. Le Financial Times rappelle qu’OpenClaw a déjà été pointé du doigt pour des problèmes de sécurité et de confidentialité, notamment lorsque des utilisateurs lui donnent accès à des informations personnelles. À grande échelle, ce type de risque devient beaucoup plus difficile à encadrer.

Le calendrier financier ajoute aussi de la pression. Meta augmente massivement ses investissements en intelligence artificielle, avec des dépenses en capital qui pourraient atteindre 145 milliards de dollars cette année, selon les informations rapportées. Cette hausse inquiète certains investisseurs, surtout après une chute importante de la valeur boursière du groupe la semaine dernière. L’entreprise prévoit en parallèle de réduire ses effectifs de 10 % plus tard ce mois-ci.

Meta avance donc sur une ligne étroite. D’un côté, l’entreprise possède une puissance de distribution unique : ses plateformes touchent déjà une part immense de la population mondiale connectée. De l’autre, un assistant IA vraiment personnel exige un niveau de confiance que Meta devra encore gagner. Pour l’instant, l’idée est claire : faire de l’assistant IA non plus un simple outil de conversation, mais un acteur numérique capable d’intervenir dans la vie quotidienne. Reste à voir si les utilisateurs accepteront de lui ouvrir la porte.

Source : Financial Times

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