Les chantiers du centre-ville de Montréal sont devenus un enjeu quotidien pour les citoyens, les commerçants et l’administration municipale. Pour sortir des approches habituelles, la Ville a lancé un appel à solutions auprès de jeunes entreprises technologiques québécoises afin de tester leurs idées directement sur le terrain. L’objectif : utiliser l’innovation locale pour mieux gérer la mobilité, la logistique, la communication et l’inspection des chantiers.
Selon Alexandre Teodoresco, membre du Comité exécutif et responsable de l’innovation, de l’intelligence artificielle et de la performance organisationnelle à la Ville de Montréal, la réponse du milieu a dépassé les attentes. L’appel à solutions a permis de recevoir 54 propositions, un résultat qu’il présente comme la preuve que les startups montréalaises peuvent répondre présentes lorsque le défi est bien défini et pertinent.
La Ville ne cherchait pas seulement de bonnes idées sur papier. Les entreprises devaient proposer des produits suffisamment avancés pour être testés en situation réelle, dans le centre-ville. Pour Alexandre Teodoresco, cette démarche sert aussi de preuve de concept interne : montrer aux services municipaux qu’il est possible de travailler autrement avec des jeunes entreprises capables d’apporter des réponses concrètes à des problèmes installés depuis longtemps.
Le processus de sélection a été mené avec l’appui d’Iveo, un organisme qui accompagne les municipalités dans leurs démarches d’innovation. Après un premier filtrage, une quinzaine d’entreprises ont été retenues pour une ronde de présentation devant un jury composé notamment de dirigeants de services municipaux. Développement économique, infrastructures routières, mobilité et technologies de l’information étaient autour de la table pour choisir les projets les plus pertinents.
Au final, cinq startups ont été sélectionnées pour cette première cohorte. Elles auront accès à une petite bourse, mais surtout à ce qui intéresse réellement les entreprises en démarrage : un terrain d’expérimentation, des données, des équipements municipaux et la possibilité de démontrer leur impact dans un contexte réel. Pour Alexandre Teodoresco, ces entreprises n’ont pas seulement besoin de subventions, elles ont besoin de contrats.
Les défis couverts sont nombreux. La Ville veut notamment mieux gérer la mobilité autour des travaux, améliorer la communication avec les parties prenantes, optimiser la logistique du dernier kilomètre pour les commerces, détecter les anomalies et repérer les chantiers qui semblent inactifs malgré la présence d’équipements sur place. L’enjeu est de relier davantage les données, les permis, les inspections et les observations de terrain.
Parmi les entreprises retenues, Munera Solutions pourrait attirer particulièrement l’attention. L’entreprise propose d’utiliser des drones en milieu urbain dense pour inspecter rapidement les zones de chantier. L’un de ses cofondateurs est pilote certifié par Transport Canada, ce qui permet d’envisager des opérations encadrées en ville. L’objectif est de vérifier plus rapidement si un chantier est conforme au permis associé, s’il est actif, mobile ou problématique.
La démarche ne vise pas seulement les startups. Elle semble aussi avoir stimulé les équipes internes de la Ville. En parallèle des 54 propositions externes, Alexandre Teodoresco dit avoir reçu environ 16 idées provenant de services municipaux. Pour lui, c’est un effet important de la cellule d’innovation : encourager la prise de risque, tester de nouvelles approches et créer une culture où l’administration elle-même propose des solutions.
La Ville prévoit mesurer les résultats à la fin de l’été, notamment à travers un tableau de bord de performance lié au laboratoire centre-ville. Les projets retenus devront démontrer s’ils apportent une amélioration réelle avant d’être éventuellement déployés à plus grande échelle.
D’autres appels pourraient suivre. Alexandre Teodoresco évoque déjà la possibilité de lancer un ou deux hackathons par année, ainsi qu’au moins deux appels à solutions annuels. Les thèmes pourraient toucher le déneigement, la propreté, la sécurité, l’itinérance ou encore le cadre bâti. L’idée est d’utiliser plus systématiquement l’écosystème montréalais, des startups aux universités, pour répondre aux défis municipaux.
Cette initiative reste encore à l’étape de l’expérimentation. Mais elle marque un changement de méthode : plutôt que de chercher uniquement des solutions à l’interne ou par les canaux traditionnels d’approvisionnement, Montréal tente d’ouvrir une partie de ses problèmes urbains à l’innovation locale. Le succès se mesurera maintenant sur le terrain, là où les cônes orange, les permis, les délais et la réalité des citoyens imposent leur propre verdict.
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Une excellente entrevue avec la ville de Montréal et semble cherché le moyen d’évité de changer les tuyau trop petit de canalisation qui est trop petit et pour j’habite dans une petite ville et en changeant les anciens tuyau il ont réglé les problèmes d’inondation. Merci beaucoup et bonne soirée