
La capsule Orion de la mission Artemis III sera équipée de deux terminaux laser miniatures conçus par SpaceX afin de transmettre vers la Terre des images et des vidéos en définition 4K. Cette nouvelle liaison s’appuiera sur le réseau de satellites Starlink, sans remplacer les systèmes de communication traditionnels de la NASA.
Les deux terminaux seront installés sur la paroi extérieure d’Orion. Ils utiliseront une lumière infrarouge invisible pour envoyer de grandes quantités de données vers le centre de contrôle de la mission au Johnson Space Center, à Houston. Les communications optiques offrent généralement un débit supérieur aux liaisons radio classiques employées depuis des décennies dans les missions spatiales.
Il ne s’agit donc pas exactement d’offrir une connexion Wi-Fi aux astronautes. Orion communiquera par laser avec des satellites Starlink, qui agiront comme relais pour acheminer les données vers la Terre. Cette architecture devrait permettre d’obtenir des images beaucoup plus nettes de la capsule, de ses occupants et des opérations réalisées en orbite terrestre.
La NASA présente ce dispositif comme un complément au système de communication déjà intégré à Orion. Les liaisons radio resteront essentielles pour la voix, la télémétrie et les communications critiques. Les terminaux de SpaceX apporteront surtout une capacité supplémentaire pour transporter des fichiers volumineux, notamment des vidéos à très haute définition.
Artemis III doit être lancée en 2027 avec quatre astronautes. Contrairement aux plans initiaux du programme, cette mission ne se posera pas sur la Lune. Elle se déroulera en orbite terrestre basse et servira à tester des rendez-vous et des amarrages entre Orion et un ou plusieurs prototypes d’atterrisseurs lunaires commerciaux développés par SpaceX et Blue Origin.
Ces essais doivent préparer Artemis IV, que la NASA présente maintenant comme la première mission du programme appelée à ramener des astronautes sur la surface lunaire, avec une échéance visée en 2028. Le choix de l’atterrisseur dépendra de l’état d’avancement des véhicules proposés par SpaceX et Blue Origin.
La technologie retenue pour Artemis III provient des liaisons laser utilisées pour relier les satellites Starlink entre eux. Selon la NASA, plus de 25 000 lasers de ce type sont déjà exploités en orbite au sein de la constellation de SpaceX. L’entreprise a également testé l’utilisation de Starlink comme réseau de relais pendant la mission privée Fram2 en 2025.
SpaceX utilise déjà son réseau pour transmettre des images et des données pendant les vols d’essai de Starship. L’intégration de cette technologie à Orion représente toutefois une étape supplémentaire, puisqu’un service commercial de télécommunications sera directement associé à une mission habitée de la NASA.
L’agence américaine avait déjà expérimenté les communications laser pendant Artemis II, la mission habitée de dix jours autour de la Lune réalisée en avril 2026. Le système optique O2O installé sur Orion avait alors transmis 484 gigaoctets de données, notamment des vidéos en haute définition, des photographies, des informations scientifiques, des procédures de vol et des communications vocales.
Lors de certains passages, cette liaison avait atteint un débit de 260 mégabits par seconde. Elle devait cependant maintenir une ligne de visée avec des télescopes terrestres situés notamment en Californie, au Nouveau-Mexique et en Australie. Le recours au réseau Starlink pourrait offrir davantage de souplesse en orbite terrestre basse, grâce à la présence d’un grand nombre de satellites pouvant relayer les données.
La NASA affirme que le public bénéficiera d’une vue privilégiée sur Artemis III. Elle confirme la transmission d’images et de vidéos 4K vers Houston, mais ne précise pas encore quelle proportion de ces images sera diffusée en direct, ni avec quel délai. Il est donc plus exact de parler d’une capacité de transmission 4K que de promettre dès maintenant une diffusion continue en direct.
Au-delà des images, l’expérience doit aider la NASA à évaluer l’utilisation de réseaux commerciaux pour ses futures missions près de la Terre. L’agence cherche progressivement à confier une partie de ses communications spatiales à des fournisseurs privés, comme elle l’a déjà fait pour le transport d’astronautes et de marchandises vers l’orbite terrestre.
Source : Space
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