La France accueillera un premier sommet mondial sur l’avenir du cinéma

La France réunira en septembre les principaux décideurs internationaux du cinéma, de l’audiovisuel et du jeu vidéo pour tenter de définir une réponse commune aux bouleversements qui transforment l’industrie de l’image.

Le Sommet Lumière se tiendra le 7 septembre 2026 à la Fondation Maeght, à Saint-Paul-de-Vence, dans les Alpes-Maritimes. Il sera coprésidé par le président français Emmanuel Macron et le président sud-coréen Lee Jae-myung. Il s’agira du premier sommet international présenté comme étant entièrement consacré à l’avenir du cinéma et de l’image animée.

Selon le communiqué publié par l’Élysée le 22 juillet, environ 150 invités provenant de plus de 30 pays et des cinq continents participeront à la rencontre. Le gouvernement français annonce la présence de dirigeants et de décideurs des secteurs du cinéma, des séries, de l’animation, du jeu vidéo et des plateformes numériques, ainsi que de personnalités politiques, de cinéastes et d’interprètes. Leur identité n’a pas encore été rendue publique.

Les premières présentations du projet, faites en mai pendant le Festival de Cannes, évoquaient plutôt 120 participants. Le chiffre de 150 constitue donc la mise à jour officielle la plus récente. Le format doit néanmoins demeurer volontairement restreint afin de favoriser des discussions directes et des engagements concrets.

L’intelligence artificielle figurera parmi les grands sujets abordés. Les participants examineront notamment ses conséquences sur la création, la production, les métiers, les droits des artistes et les modèles économiques. Le sommet doit également traiter du financement des œuvres, de la circulation internationale des productions, de l’éducation à l’image et de la place des salles de cinéma face à la progression des services de diffusion en continu et des plateformes sociales.

Pour Gaëtan Bruel, président du Centre national du cinéma et de l’image animée, les transformations actuelles dépassent les frontières nationales. Il défend la création d’une forme de diplomatie mondiale du cinéma permettant aux gouvernements, aux studios, aux exploitants de salles, aux plateformes et aux créateurs de construire des réponses communes. La préservation du patrimoine sera également discutée, alors qu’une grande partie des œuvres cinématographiques mondiales n’a toujours pas été numérisée.

La France et la Corée du Sud ont été choisies pour diriger cette initiative en raison de leurs politiques publiques favorables à la production locale et de leurs mécanismes de soutien au cinéma. Le CNC travaille notamment avec son équivalent sud-coréen, le Korean Film Council, afin de préparer la rencontre. Les deux pays souhaitent renforcer les liens entre l’Europe et l’Asie dans une industrie encore largement dominée par les entreprises américaines.

Le sommet intervient dans une période difficile pour les salles. La fréquentation demeure inférieure à celle observée avant la pandémie dans plusieurs pays, même si la situation varie fortement selon les marchés. En France, 156,8 millions d’entrées ont été enregistrées en 2025, soit un recul de 13,6 % par rapport à 2024. La part de marché des films français s’est néanmoins maintenue à près de 38 %, un niveau particulièrement élevé comparativement à d’autres marchés occidentaux.

La concurrence ne vient plus uniquement de la télévision ou des services comme Netflix et Disney+. YouTube, TikTok et Instagram occupent désormais une part importante du temps consacré à la vidéo, particulièrement chez les jeunes. Cette fragmentation des usages oblige les producteurs, les diffuseurs et les exploitants à repenser leurs stratégies de financement, de distribution et de découverte des œuvres.

L’Élysée promet des actions concrètes et de nouvelles alliances, mais aucun engagement précis n’a encore été annoncé. La liste des participants, le programme détaillé et les éventuels accords économiques devraient être dévoilés à l’approche de la rencontre.

En choisissant le nom Lumière, la France souhaite rappeler le rôle historique des frères Lumière dans la naissance du cinéma. Elle veut surtout utiliser ce sommet pour défendre son modèle culturel et industriel à un moment où l’intelligence artificielle, les plateformes mondiales et l’évolution des habitudes du public redéfinissent rapidement la création audiovisuelle.

Source : France Info

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