LinkedIn permet désormais de signaler les publications qui « ressemblent à du contenu IA médiocre »

LinkedIn ajoute une nouvelle option permettant à ses membres de signaler les publications qui « semblent être du contenu IA médiocre ». Ce bouton, dont le libellé anglais est « Seems like AI slop », apparaît dans le menu accessible par les trois points situés au-dessus d’une publication.

Une fois le signalement effectué, LinkedIn masque le contenu concerné et indique que cette rétroaction servira à améliorer le fil d’actualité. La plateforme utilisera également les signalements pour entraîner et ajuster ses systèmes chargés de reconnaître les publications génériques, automatisées ou de faible qualité.

Hari Srinivasan, chef des produits de LinkedIn, explique que la notion de « contenu IA médiocre » demeure difficile à définir et qu’elle évolue rapidement. Les évaluations des utilisateurs doivent donc aider l’entreprise à perfectionner ses modèles de classification et à réduire la présence de ces contenus dans les recommandations provenant de personnes qui ne font pas partie de leur réseau.

Cette fonction s’inscrit dans une campagne plus vaste lancée par LinkedIn pour favoriser les contributions originales. L’entreprise affirme que ses premiers systèmes détectent correctement les contenus génériques dans 94 % des cas lors de ses tests. Ces publications ne sont pas nécessairement supprimées, mais leur diffusion peut être limitée au réseau immédiat de leur auteur.

La mesure répond à une augmentation importante des textes produits ou fortement remaniés par des outils d’intelligence artificielle. Selon une analyse de Pangram portant sur des publications diffusées entre avril et juin 2026, environ 41 % des longs textes et 30 % des publications plus courtes sur LinkedIn seraient probablement générés par l’IA. Ces résultats reposent toutefois sur un outil de détection, une technologie qui n’offre pas une certitude absolue.

LinkedIn ne cherche pas à interdire l’utilisation de l’intelligence artificielle. La plateforme propose elle-même des fonctions d’aide à la rédaction et estime que l’IA peut faciliter la préparation d’un texte. Elle souhaite plutôt réduire les publications répétitives ou sans expérience personnelle, qui reprennent les mêmes structures, les mêmes formules et des conseils généraux sans véritable valeur professionnelle.

La nouvelle option place néanmoins les utilisateurs au cœur d’un exercice délicat. Une publication peut sembler artificielle tout en ayant été rédigée par une personne, tandis qu’un texte généré par l’IA peut être soigneusement retravaillé. LinkedIn devra donc éviter que le bouton ne devienne un simple outil de désapprobation ou qu’il pénalise certains styles d’écriture.

Cette initiative illustre le paradoxe auquel font face les plateformes sociales. Elles multiplient les outils de création par intelligence artificielle, tout en tentant de préserver des espaces où les utilisateurs ont encore l’impression de lire des personnes réelles.

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