
SpaceX ne souhaite plus seulement offrir une connexion par satellite dans les régions mal desservies. L’entreprise veut désormais bâtir un véritable service de téléphonie mobile combinant satellites et infrastructures terrestres, une ambition qui a rapidement inquiété les investisseurs du secteur américain des télécommunications.
Lors de la présentation des résultats trimestriels de SpaceX, la présidente Gwynne Shotwell a confirmé que l’entreprise comptait déployer les équipements terrestres nécessaires pour faire de Starlink un service mobile complet. Elle estime même que l’entreprise pourrait récupérer « un bon nombre » de clients actuellement abonnés à Verizon, AT&T ou T-Mobile.
Cette déclaration a provoqué un recul des actions des trois grands opérateurs américains. Les investisseurs craignent que SpaceX reproduise dans les télécommunications ce que Starlink a déjà réussi dans l’accès Internet par satellite, particulièrement dans les régions rurales.
Pour soutenir cette offensive, SpaceX a acheté à EchoStar des licences couvrant environ 65 mégahertz de fréquences sans fil. Reuters évalue à 19,6 milliards de dollars américains la valeur totale des deux transactions conclues entre les entreprises. La Federal Communications Commission a confirmé en mai 2026 que ces fréquences comprennent notamment des bandes AWS-3, AWS-4 et H-Block destinées aux communications directes entre satellites et appareils mobiles.
Starlink offre déjà une connexion directe aux téléphones compatibles grâce à un partenariat avec T-Mobile. Ce service est cependant conçu principalement pour couvrir les zones où les réseaux cellulaires traditionnels sont absents. La nouvelle stratégie serait beaucoup plus ambitieuse, puisqu’elle combinerait la couverture des satellites avec des stations terrestres afin de fournir un service mobile régulier.
SpaceX pourrait notamment intégrer de petites stations cellulaires à ses antennes Starlink. Cette architecture hybride permettrait, en théorie, d’installer rapidement de nouveaux points de couverture sans reproduire exactement les immenses réseaux d’antennes construits par les opérateurs traditionnels depuis plusieurs décennies.
Le défi demeure considérable. Verizon, AT&T et T-Mobile ont investi des centaines de milliards de dollars dans leurs fréquences, leurs tours cellulaires, leurs réseaux et leurs systèmes de distribution. Selon Craig Moffett, analyste chez MoffettNathanson, SpaceX aurait beaucoup de difficulté à offrir un service national compétitif au cours des cinq prochaines années sans louer une partie du réseau d’un opérateur existant.
Une autre option serait l’acquisition d’un plus petit fournisseur de services mobiles. SpaceX obtiendrait ainsi rapidement des antennes, des clients et des infrastructures déjà fonctionnelles. Les grands opérateurs pourraient toutefois hésiter à louer leur réseau à une entreprise qui annonce ouvertement son intention de leur enlever des abonnés.
Gwynne Shotwell n’a pas précisé combien coûterait le déploiement terrestre. Elle affirme toutefois que SpaceX dispose de nouvelles méthodes permettant de limiter les investissements nécessaires. Certains analystes demeurent sceptiques, rappelant que les 65 mégahertz détenus par SpaceX sont modestes comparativement aux importantes réserves de fréquences contrôlées par les trois grands opérateurs.
À court terme, Starlink demeure surtout un complément aux réseaux cellulaires classiques. À plus long terme, SpaceX veut manifestement devenir un concurrent direct. L’entreprise possède déjà les satellites, une marque mondiale et une partie des fréquences nécessaires. Il lui reste maintenant à démontrer qu’elle peut construire un réseau terrestre capable de soutenir ses ambitions.
SpaceX veut transformer Starlink en véritable opérateur de téléphonie mobile. L’entreprise prévoit construire des infrastructures terrestres qui fonctionneront avec ses satellites afin d’offrir un service complet et de récupérer des clients de Verizon, AT&T et T-Mobile. SpaceX possède maintenant environ 65 mégahertz de fréquences achetées à EchoStar. Les analystes rappellent toutefois que les grands opérateurs ont investi des centaines de milliards de dollars dans leurs réseaux depuis 30 ans. Sans entente pour louer un réseau existant ou sans acquisition, Starlink pourrait avoir besoin de plusieurs années avant de devenir un concurrent national crédible.
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