Plaud lance des écouteurs 4G pensés pour les agents IA

Plaud veut faire passer l’assistant d’intelligence artificielle du téléphone intelligent directement à nos oreilles. La jeune entreprise spécialisée dans les appareils de prise de notes vient de dévoiler les Plaud One, des écouteurs sans fil dotés de leur propre connexion 4G et conçus autant pour enregistrer des conversations que pour demander à une IA d’agir à partir de ce qui vient d’être dit.

Présentés aujourd’hui, les Plaud One Explorer Edition ressemblent à des écouteurs traditionnels, mais leur particularité se trouve en grande partie dans le boîtier de recharge. Celui-ci intègre une connexion 4G LTE avec eSIM, ce qui permet à l’appareil de transmettre et traiter des conversations sans nécessairement dépendre d’un téléphone ou d’un réseau Wi-Fi. Plaud indique que la connectivité cellulaire est offerte dans plus de 80 pays.

Les écouteurs sont proposés à 249,99 dollars américains dans cette première édition limitée. Plaud prévoit de produire seulement 2 000 exemplaires et accepte les précommandes dans huit marchés, dont le Canada, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas. L’entreprise présente ce lancement comme une « Explorer Edition », destinée notamment à recueillir les commentaires des premiers utilisateurs avant une éventuelle commercialisation à plus grande échelle.

Plaud n’affiche pas encore de prix canadien vérifiable pour ce modèle sur sa boutique canadienne au moment de la publication. Le site de l’entreprise confirme toutefois que le Canada fait partie des territoires admissibles à cette édition limitée. Quant à la livraison, Plaud indique qu’elle dépend de la commande, de la région et de la disponibilité. Les expéditions doivent commencer au quatrième trimestre de 2026.

Chaque écouteur possède trois microphones et peut enregistrer jusqu’à environ deux mètres de distance. Le boîtier ajoute quatre microphones capables de capter des conversations à une distance annoncée pouvant atteindre cinq mètres. L’autonomie des écouteurs peut atteindre six heures sans réduction active du bruit, et le boîtier porte l’autonomie totale jusqu’à 36 heures. Plaud annonce également jusqu’à 25 heures d’enregistrement continu à partir du boîtier.

Mais Plaud ne veut pas vendre simplement des écouteurs capables de transcrire une réunion. Son ambition est d’en faire une interface permanente avec un agent d’IA. Le système Plaud Intelligence peut exploiter différents modèles, notamment ceux d’OpenAI, d’Anthropic et de Google, pour transcrire, traduire, résumer et analyser les conversations enregistrées. Selon Bloomberg, l’utilisateur peut interpeller l’assistant avec « Hey Plaud » ou utiliser le bouton dédié sur le boîtier.

L’intérêt devient surtout apparent lorsque Plaud Agent commence à agir sur l’information captée. L’entreprise annonce des intégrations avec Gmail, Google Calendar, Notion et Slack. Après une réunion, par exemple, l’utilisateur pourrait demander à l’agent de préparer un courriel de suivi, rédiger un document à partir des décisions prises ou récupérer les éléments d’action mentionnés pendant la conversation. L’édition Explorer comprend 200 dollars américains de crédits destinés à ces fonctions d’intelligence artificielle et aux nouvelles intégrations.

Cette approche illustre une nouvelle phase dans la course aux appareils d’IA. Les premiers gadgets autonomes, comme le Humane AI Pin ou le Rabbit R1, ont tenté de remplacer certaines fonctions du téléphone avec plus ou moins de succès. Les nouveaux produits misent plutôt sur des formats déjà familiers, comme les lunettes et les écouteurs. Meta développe son offre autour des lunettes Ray-Ban, alors qu’Apple enrichit progressivement les AirPods de fonctions liées à l’IA et à la traduction.

Plaud se distingue toutefois en donnant à ses écouteurs une connexion cellulaire autonome et en mettant l’accent sur le travail professionnel. Le produit n’est donc pas seulement présenté comme une façon de parler à un robot conversationnel, mais comme un outil capable d’écouter, de conserver le contexte et éventuellement d’exécuter des tâches.

Cette capacité soulève évidemment une question importante de confidentialité. Un appareil qui peut enregistrer les conversations ambiantes et transmettre leur contenu vers des services d’IA devra être utilisé en respectant les règles de consentement applicables. Plaud rappelle d’ailleurs à ses utilisateurs qu’ils doivent obtenir le consentement des participants lorsque la loi l’exige.

Reste maintenant à savoir si les utilisateurs veulent réellement porter des écouteurs capables d’écouter une partie importante de leur journée de travail. Plaud lui-même semble prudent. Avec seulement 2 000 unités prévues et un programme destiné à recueillir les réactions des premiers utilisateurs, cette édition ressemble autant à une expérience grandeur nature qu’à un véritable lancement commercial.

Sources : plaud bloomberg, the verge, forbes, cnet, techcrunch

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