
Le balado poursuit sa progression dans les habitudes médiatiques des Québécois. Selon l’édition 2026 de l’enquête NETendances, 42 % des internautes du Québec en consomment désormais, comparativement à 30 % en 2021. Cette hausse de 12 points en cinq ans confirme que le format s’installe durablement, même s’il demeure moins fréquenté que YouTube.
L’écoute reste généralement occasionnelle. Quelque 10 % des internautes consomment des balados au moins une fois par jour, 14 % au moins une fois par semaine et 10 % au moins une fois par mois. À titre de comparaison, 32 % regardent quotidiennement des vidéos sur YouTube.
Les jeunes adultes et les hommes sont les auditoires les plus assidus. L’écoute quotidienne atteint 16 % chez les 18 à 34 ans et 15 % chez les hommes. Ces résultats montrent que le balado rejoint particulièrement les groupes déjà habitués à consommer des contenus numériques sur demande.
L’une des principales transformations observées concerne la vidéo. Parmi les consommateurs de balados, 36 % privilégient exclusivement l’audio, 30 % choisissent uniquement la vidéo et 34 % passent d’un format à l’autre selon le contenu. Au total, 70 % écoutent donc au moins certains balados en audio, tandis que 64 % en consomment au moins quelques-uns en vidéo.
Cette répartition presque égale montre que le balado est devenu un format hybride. Le sujet abordé, mais aussi le moment et le lieu de consommation, déterminent souvent le choix. L’audio se prête davantage aux déplacements, à l’entraînement et aux tâches quotidiennes, puisqu’il ne nécessite pas de regarder un écran.
Cette souplesse semble particulièrement importante pour les personnes disposant de moins de temps. Quelque 42 % des travailleurs à temps plein et la même proportion de parents ayant des enfants mineurs consomment leurs balados uniquement en audio. Ils peuvent ainsi s’informer ou se divertir tout en poursuivant une autre activité.
La vidéo prend davantage de place lorsque l’image apporte une information essentielle ou renforce le sentiment de proximité avec les animateurs et leurs invités. Les contenus consacrés aux jeux vidéo sont notamment plus souvent regardés qu’écoutés. À l’inverse, l’actualité, l’éducation et la vulgarisation se prêtent davantage à une consommation audio.
Les discussions, entrevues et émissions d’opinion constituent la catégorie la plus populaire, choisie par 34 % des consommateurs de balados. L’humour et le divertissement suivent à 28 %, devant les émissions ou chroniques d’actualité à 22 %, l’éducation et la vulgarisation à 17 %, puis les contenus sur le mode de vie, le bien-être et la spiritualité à 14 %.
La frontière entre le balado vidéo, l’émission Web et le vlog devient toutefois plus difficile à tracer. Plusieurs personnes peuvent considérer comme un balado toute longue conversation diffusée sur YouTube, même si sa production repose largement sur l’image. Cette évolution peut influencer les réponses aux sondages et oblige l’industrie à revoir une définition historiquement centrée sur l’audio.
Les résultats de NETendances montrent finalement que l’audio ne disparaît pas au profit de la vidéo. Les deux formats répondent plutôt à des contextes différents. L’audio conserve l’avantage de la mobilité, tandis que la vidéo améliore la découvrabilité et ajoute une dimension visuelle à la relation avec le public.
Source : Académie de la transformation numérique de l’Université Laval, NETendances 2026, « Réseaux sociaux et divertissement en ligne »
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