
Le temps consacré aux réseaux sociaux recule fortement au Québec. Selon l’édition 2026 de l’enquête NETendances, leurs utilisateurs y passent en moyenne 2 heures 21 minutes par jour, comparativement à 3 heures 41 minutes en 2025. Cette diminution de 80 minutes survient après une année marquée par une hausse importante du temps d’utilisation.
Les réseaux sociaux demeurent néanmoins profondément intégrés au quotidien. Ils sont utilisés par 93 % des internautes québécois et plus de la moitié de leurs utilisateurs, soit 54 %, les consultent au moins cinq fois par jour. Chez les 18 à 24 ans, 30 % disent y retourner plusieurs fois par heure.
Facebook conserve une nette avance avec un taux d’utilisation de 74 %, devant Messenger à 64 % et Instagram à 39 %. TikTok et WhatsApp sont utilisés par 20 % des internautes. WhatsApp progresse de sept points depuis 2025, tandis que TikTok et X reculent respectivement de cinq et quatre points.
La baisse du temps passé en ligne n’efface pas le sentiment d’une utilisation excessive. Quelque 45 % des utilisateurs estiment encore consacrer trop de temps aux réseaux sociaux, une proportion qui grimpe à 61 % chez les 18 à 34 ans. De plus, 28 % croient qu’ils ne pourraient pas s’en passer pendant plus d’une journée.
L’indice créé par NETendances, qui combine le temps d’utilisation, la fréquence de consultation et la capacité à se passer des plateformes, place 71 % des utilisateurs de 18 à 34 ans dans les catégories de risque de dépendance élevé ou très élevé. Cet indicateur ne constitue toutefois pas un diagnostic clinique. Il sert plutôt à comparer l’intensité des habitudes déclarées.
Les vidéos courtes poursuivent leur progression. En 2026, 62 % des utilisateurs regardent souvent ou parfois des vidéos verticales, contre 58 % en 2025. Cette proportion atteint 76 % chez les personnes présentant un risque de dépendance élevé ou très élevé. Les amateurs de ces contenus passent aussi près de 50 minutes supplémentaires par jour sur les réseaux sociaux.
La plupart des internautes demeurent davantage spectateurs que créateurs. Seulement 20 % publient au moins une fois par semaine et 32 % ne publient jamais. Au cours des trois mois précédant l’enquête, 66 % avaient toutefois interagi avec du contenu, notamment en utilisant les mentions « J’aime », et 56 % avaient partagé une publication.
La présence grandissante de l’intelligence artificielle est également perceptible. Les utilisateurs estiment qu’en moyenne, 43 % des contenus qu’ils voient sur les réseaux sociaux sont générés par l’IA. Ils évaluent leur capacité à les reconnaître à 66 sur 100, une confiance plus forte chez les jeunes adultes que chez les personnes de 55 ans et plus.
L’encadrement des mineurs fait largement consensus. Près de quatre internautes québécois sur cinq, soit 79 %, souhaitent que le gouvernement impose une limite d’âge pour accéder aux réseaux sociaux. Parmi eux, 53 % privilégient un seuil de 16 ans, 28 % choisissent 14 ans et 10 % proposent 18 ans.
Du côté du divertissement, 42 % des internautes consomment maintenant des balados, comparativement à 30 % en 2021. Le format devient hybride : 36 % les écoutent uniquement en audio, 30 % uniquement en vidéo et 34 % choisissent l’un ou l’autre selon le contenu. Les discussions et entrevues dominent avec 34 %, devant l’humour et le divertissement à 28 %.
La diffusion en continu continue pour sa part de gagner du terrain sur la télévision traditionnelle. Elle rejoint 77 % des internautes, contre 62 % pour les services de télévision. Netflix domine toujours avec 55 %, devant Amazon Prime à 41 %, Crave à 25 % et Disney+ à 22 %. Près du tiers des internautes sont maintenant abonnés à au moins trois plateformes.
Le prix demeure toutefois le principal arbitre. Il influence le choix d’un abonnement pour 62 % des répondants. Au cours de la dernière année, 30 % des internautes ont annulé au moins un service, principalement parce qu’il était jugé trop coûteux. La grande majorité d’entre eux ont néanmoins conservé une autre plateforme, signe que les Québécois ne renoncent pas à la diffusion en continu, mais deviennent plus sélectifs.
Source : Académie de la transformation numérique de l’Université Laval, NETendances 2026, « Réseaux sociaux et divertissement en ligne ».
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